ACTE III, SCENE VI
PHŒN1X.
Je le croyais.
ANDROMAQUE, à CépIliSP.
Tu vois le pouvoir de mes yeux.
PYRRHUS
Que dit-elle, Phoenix?
Hélas! tout m’abandonne.
PIIŒNIX.
Allons, seigneur, marchons sur les pas d'Hermione.
CÉPHISE
Qu’attendez-vous ? Forcez ce silence obstiné.
Il a promis mon fils.
CÉPHISE
Il ne l’a pas donné.
Non, non, j’ai beau pleurer, sa mort est résolue.
PYRRHUS
Daigne-t-elle sur nous tourner au moins la vue ? Quel orgueil !
Je ne fais que l’irriter encore.
Sortons.
PYRRHUS
Allons aux Grecs livrer le fils d’Hector.
andromaque, se jetant aux pieds de Pyrrhus.
Ah ! seigneur arrêtez! Que prétendez-vous faire?
Si vous livrez le fils, livrez-leur donc la mère.
Vos serments m’ont tantôt juré tant d'amitié;
Dieux, ne pourrai-je au moins toucher votre pitié*? Sans espoir de pardon m'avez-vous condamnée ?
PYRRHUS
Phoenix vous le dira, ma parole est donnée.
Vous qui braviez pour moi tant de périls divers !
Pyrrhus.
J’étais aveugle alors ; mes yeux se sont ouverts.
Sa grâce à vos désirs pouvait être accordée ;
Mais vous ne l’avez pas seulement demandée.
C’en est fait.
Ali! seigneur, vous entendiez assez Des soupirs qui craignaient de se voir repoussés. Pardonnez à l’éclat d’une illustre fortune Ce reste de fierté qui craint d’être importune.
Vous ne l’ignorez pas, Andromaque, sans vous. N’aurait jamais d’un maître embrassé les genoux.
PYRRHUS
Non, vous me baissez; et, dans le fond de l’âme Vous craignez de devoir quelque chose à ma flamme. Ce fils même, ce fils, l'objet de tant de soins,
Si je l’avais sauvé, vous l’en aimeriez moins.
La haine, le mépris, contre moi tout s’assemble.
Vous me baissez plus que tous les Grecs ensemble. Jouissez à loisir d’un si noble courroux.
Allons, Phœnix !
Allons rejoindre mon époux.
CÉPHISE
Madame...
* Variante :
Dieux ! n’en reste-t-il pas du moins quelque pitié?
Le