AVERTISSEMENT
MM. Garnier frères or)t entrepris, il y a quelques années, la publication d'un choix de pièces du théâtre classique ramenées à l'orthographe primitive. Ils espéraient servir ainsi Tétude historique de notre langue, en même temps que celle de notre littérature, et Taccueil fait à cette tentative leur a prouvé qu'ils ne se trompaient pas. Ils ont cru devoir, cependant, tout en poursuivant cette collection, en entreprendre une seconde, conforme à l'usage ordinaire, et satisfaire ainsi les partisans de Tune et l'autre méthode. J'ai donc adapté à la seconde les trois pièces qu'ils na'avaient confiées, le Cid, Andromaque et les Précieuses ridicules, en conservant de mon premier travail tout ce qui pouvait être conservé et en le complétant au besoin,
J'ai consulté la plupart des commentaires de Racine et j'y ai largement puisé, car on ne saurait, dans un travail comme celui-ci, prétendre à l'originalité; il y suffit d'être clair et complet. Mais j'ai toujours indiqué exactement Torigine et l'étendue de mes emprunts. Sur quelques points,
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notamment dans l'étude comparative des sources d'Andromaque et dans le relevé des imitations grecques et latines, j'ai essayé d'ajouter quelque chose à l'œuvre commune de mes devanciers. J'ai aussi donné beaucoup de place aux renseignements d'histoire dramatique, souvenl si utiles pour l'intelligence de certains passages. On n'est que trop porté à (considérer comme des œuvres froides et mortes, désormais destinées à être lues, ces poèmes admirables composés pour être joués et qui retrouvent à la scène une jeunesse et une vie si éclatantes lorsqu'il se rencontre des artistes capables de les interpréter dignement.
De tout cela résultent une notice et un commentaire qui pourront sertibler trop développés. Mais cette édition, faite surtout pour aider au commentaire oral, doit quelquefois y suppléer, vu l'impossibilité d'expliquer en classe une pièce tout entière, en insistant également sur chaque passage. De plus, Andromaque, cette œuvre si originale, mais où l'imitation tient tant de place, est peut-être, de toutes les pièces de Racine et des tragiques français, celle qui exige le plus de rapprochements et d'indications comparatives. Enfin, les œuvres de nos écrivains étant roccasion des travaux écrits les plus importants, on trouverâ pèùt-être ici avec plaisir Un certain nombre de rènseigfiemehts capables de faciliter ces exerbices de coniposition, pour lesquels MM. Robert et Jallifier pubhaieiit récemment un si utile et si judicieux recueil de matières.
J'ai grandement mis à profit l'édition de M. Paul Mesaiktà et celle de MM. Saint-Marc Girardin et Louis Jloland, dont Saint-Marc Girardin a donné les premiers volumes ; danà l'un de ceux-ci se trouve Andromaque, La pi^èmière applique pour ta première fois à Racine les procédés les
AVERTISSEMENT vu ^lus sûrs de la philologie moderue; quant au travail de Saint-Marc Girardia, c'est un modèle de critique littéraire. Pour la partie grammaticale du commentaire, j'ai eu constamment sous les yeux et constamment cité l'excellente grammaire française de M. Ghassan g.
NOTICE HISTORIQUE