‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 119 sur 160 · C'est-à-dire la gloire d'Achille, vainqueur d'Hector · texte numérisé non relu

C'est-à-dire la gloire d'Achille, vainqueur d'Hector

3 « On ne dirait pas en prose souveraine sur, unais souverairie de. On peut le dire en vers, par l'analogie seciètemenl sentie qui se trouve entre l'idée de souiernineié et celle de règne » (La Harpe.) Racine, en disant souverain sur, einpl yait simplement la langue de son temps, qui lui donnait surei de. Coa* HKii.i.E dit de ii.êrae {(Anna, 111, 4) :

Il nous fait souverains sur leurs grandeurs suprêmes. Et eiicore iPo/., Ui 2) :

Et aur mes passions ma raison souveraine. Gomme aussi Boilbau {Sat. V) :

En vinn c^Ttains rlmeurs me rhabillent en reine (La Raison),

Veulent sur tous uo.h sens la rendre souveraine.

A I repos du premier de ces exemples, VoLTAme avciit dit comme La Harpe, avec la mOme préoccupation de l'usage dô sou temps : c On eil souveraine, d 00 n'«8t pas êouverain eur, •

Il prévient leur fureur: il lui laisse sa garde;

Pour ne pas Texposer lui-même il se hasarde

Mais tout s'apprête au temple; et vous avez promis*.

ANDIIOMAQUE.

Oui, je m'y trouverai 3. Mais allons voir mon fils.

CÉ PUISE

Madame, qui vous presse? Il sullilt que sa vue 1065

Désormais à vos yeux ne soit plus défendue.

Vous lui pourrez bientôt prodiguer vos bontés,

Et vos embrassements ne seront plus comptés.

Quel plaisir d'élever un eufant qu'on voit croître

Non plus comme un esclave élevé pour sou maître, 1070

Mais pour voir avec lui renaître tant de rois^l

A N D il 0 .M A Q U E .

Céphise, allons le voir pour la dernière fois.

1. Ceci prépare le dcjioacment : Orebte poui i a facilement tuer Pyrrhus privé de ses gardes. Racine d.ra une seconde fois (V, 2j :

Autour du fils d'Hector il a rati'^é 8h gaido. Et croit que c'est lui st3ul que le péril regard^j.

SuRi.KiNY tance Pyrrhus pour cette a bévue impcrtinenie ». Au moins, auraitil pu, dit-il, partager avec Astyanax.

2. Plusieurs éditions '1668, 1673, 1676) mettent ici des points de suspension. Us se justilient sans être nécessaires; promis peut être regardé comme pris dans un sens absolu.

3. Comp., dans Iphigénie, le fameux : Vous y serez, ma fille, d'Agamemnon, parlant de l'autel ou Iphigénie doit être sacrifiée.

U. Croître et maître dit Geoffroy, ne riment ni à Foeil ni à l'oreille. » C'est une double erreur. Toutes les éditions imp imées du vivant oe Racme ont craistre el non croistre; de plus, on prononçait crnitru ou crouèlre (cette dernière prononciation a même persisté dans ..ertaines provinces de France). Les rimes de ce genre foitre, rimant avec ai re ou même c^rc) sont fréquentes au xvip siècle. On trouve môme ^ians Voltaire (le Pauvre Diable) :

Quel parti prendre? où Biiis-je? et qui dois-je être?

Sur quel terrain puis-je espérer de croître?

Sur les diiïérenles prononciations de oi aux diverses époque?, voy. Charsa ^g, Gr. fr., cours sup., par. 13 et 108; et Marty-Laveaux, Lex. de la langue de Corneille, art. croître.

,s. Dans le» Troyennen d Euripide (v. 707-7U), Hécube donne à Audromaque lie» conseils du mejie genre :

Kav ^ça; tâ^e,

. . . • • itaï^a TÔv^e «ai'îbç Èx3{>êv|/eia; av

*Ex COÛT ytvôfxîvoi Ttal^'e; "IXiov icàXtv Katoixîo-eiav, xal -reoXtç Ysvotx' «ti.

a Honore ton nouveau maître... En agissant ainsi,... ta pourras élever cet epfant, fils de mon fils, pour être 1 es,'Oir de Troie, et pour que les enfants qui (par lui naîtront de toi, relèvent un jour llion et que notre ville renaisse. »

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