p. 2n-iu
2. M. R. Taine i.isaii ('ans une page spirituelle et souvent citée : « Si j'avais le plaisir d'éire duc et rhonneur d'être milliunnaire, j'essayerais de rassemble quelques personnes très nobles et de gran es façons, je sec uerai^ toutes le br inrhes de mon arbre généalogique pour en faire lornber quelque vieille paï en; e Uoginatiquo qui aurait conserve; dans la solÏLUiJe de la pro\ ince la di-nité et la politesse de l'ancienne cour, et je la prierais de rn'lidnorer de ^es conseils j'oi-neiais quelque hi.ut siilon de panneaux 3cul()tés et de longues glaces un peu verdât es, et j'enga e a;s mes hôtes à se donner e plaisir de repr- seOLer les mânes de leurs a. eux. Je me {^a^ienils de leur serrer les molleis dans des maidois et de faire saillit leurs coudes poimus p jur imiter la nudité antique; je laisser as là les malheureux travesLis>e!nents gre s queLekain, [)uis Talma, ont Inii'Oses àiiotie théâtre; je leur pi Oi)wserais de s'h ibiller i:6mme les courtisans de L'>uis XIV, daugmen er seule -lent li magnifu ence de leurs broderies et dé leurs dopjres, tout au plus u acceptei ne teinps en temps un cas lue a denij antique de le dissimuler pir un gros bouquet de plumes chevaleresques. .!« demanderais en gi àce aux dames de vouloir bien parler comme a leur ordiûdire, de garder toutes leurs finesses, leurs coquetiei ies et leurs sourires, de se croire dans un salon d une viaie cour. Alors, pour la première fois, je verrais le Lhé:Ure de Racine, et je penserais enfin l'avoir (ompns. » {iSouveaua: tuaiê de critique et d histoire, p. 197-i98.|
NOTICE HISTORTQUE
au chapeau à plumes et à rh«ibit de cour n'est plus possible, mais l'ex ictiiurle trop minutieuse du costume n'est guère de mise avec des personnages dont les sentiments sont aussi souvent fiançais que grei'S. Seulement, nos yeux, tamiliarises avec l'antiquité par les études classiqUfS e les monuments flgurés qui remplissent nos musées demandent qu'on leur donne, dans les sujets grecs et romains, des costumes et des décors qui traduisent à peu près cette idée. On a essayé, du reste, il y a quelques années, dins une n présentation exceptionnels de reproduire ce qu'ét.n't la représentation d'une tragédie au temps de Racine, moins les spectateurs sur la scène*. Le 7 novembre 1«69, le directeur des Matinées littéraires du théâtre de la Gaité, M. Ballande, faisait jouer Andromaque avec les cosiumes du XVII* siècle « pour permettre aux lettrés, disait le programme, déjuger si ces costumes sont, plus que les costumes grecs, en harmonie avec le style de la pièce. » Cette tentative ne p )uvait avoir et n'eut, en effet, qu'un succès de curiosité; elle ne fut pas renouvelée.
Avec Phèdre et les Plaideurs^ Andromaque est une des pièces de Racine le plus souvent représentées à la Comédie-Française. Oa connaît exactement le nombre de ces représentations à partir de 1680, époque où fut constituée notre première scène dramatique; avant cette date, les renseignements précis font défaut^.
Sous Louis XIV, Andromaque fut représentée 198 fois à la ville, 23 fois à la cour^
Sous Louis XV, ihS fois à la villej 17 fois à la cour.
Sous Louis XVI, 29 fois à la ville, 4 i la cour.
Pendant la Révolution, de 1789 à 1793, 8 fois.
Sous le Directoire, le Consulat et le premier Empire (1794 à 1814), 104 fois à la ville, 7 fois à la cour.
Sous la Restauration, 80 fois à la ville, aucune fols à la cour.
Sous Louis-Philippe, ii4 fois à la ville, aucune fois à la cour.
Sous la seconde République, 11 fois.
Sous le second Empire, 35 fois à la ville, aucune fois à la cour. De nos jours, du 4 septembre 1870 au août 1883, 61 fois.
1. Déjà, le 30 mars 1833, une célèbre tragédienne. M™* Dorval, dans une représentation extraordinaire, avait joué le quatrième acte de la Phèdre de fradon en costume du xvii» siècle : « C'est là, disait Th. Gautier, le costume qui convient pour jouer la tragédie (le cette éi)oque, thème antique brodé d*ornements tout modernes, et qu'on ne doit pas habiller de draperies trop exactes. Le rigide pli étrusque, le péplum éginétique tombent mal sur les vers Louis XI V. » ( L'Art dramatique en France^ t. II, p. 283.1
2. Le relevé de ces représentations a été fait avec une scrupuleuse exactitude, pour les pièces de Corneille, Kacine et Molière, par le regretté Eug. Des ois; on le trouve au t. VIL, p. 601 et suiv., de ré<iition des OEuvres deJ. liacim de M. t^. Mesnard. Pour les repré entations données à p irtir de 1870 ,M. Ge rget Mon val, archiviste ue la Comédie-Française, a bien voulu nous en commuaiquer le chiffre.
3. Elle fut jouée aussi à S*int-Cyr par les élèves de M"*» de Maintenon, qui écrivait à Racine: « Nos petites filles viennent de jouer votre Andromaque^ et l'ont si bien jouée qu'elles ne la joueront de leur vie, ni «luoune autre (je vos pièces. » (Voy. Saint»-B»uv»: Po^t -Royal., t, VI, p. 134.)
SOR ANDROMAQUÉ
BIBLIOGHAPHIE DA.NDHOMAQUB
La p»*einière éditioa d' Andromaquti parut en 166*^. En voici le litre: — ANDHOM 4QUË, tragédie, a PAt^is, chez Théodore Gimard, (Jans la gr-md'S lie du Palais, du co^té de la cour d» s A^dt s, A li^^nvie. M.DC.LXVIII Avec privilège du rot. — Le vo urne, de t'onuat petit in-12, a 5 feuillets et deiui non chiifrés et 95 pages, plus deux p:jg3s non chiffrées pour le privilège, et une pag* blanche Ii n'y a pas d'achevé d'imprimer. Le privilège, daté du tS décembre 1667, est au nom de Jean Racine prieur de l'Epinaj^*; Racine cède son droit à Théodore Girard, marchand libraire à Paris, qui y associe Thomas Jolly ei Claude Barbin, aussi marchands libraires.
Réimpressions du vivant de Racine: Andromaqm, Paris, Henry Loyson, 1673, in-12. — Suivant la copie de Paris, Amsterdam, Antoine Schelte, 1698, in-12.
Après la mort du poète (1699), des réimpressions paraissent encore, mais en très petit nombre, s^es œuvres avant été réunies de bonne heure. On s*éionne toutefois de «-erte rareté; les pièces de Corneille, le Cid notammeni, même après la réunion de ses œuvres, furent réimprimées beaucoup plus souvent.
Parmi les editi »ns àWnaroinaQue oubliées de nos jours, nous citerons celle de M. N. Bernardin, Paris, Delagrave, 1880, et celle de M. Emile Boully, Paris, Bel in, 1882, établies l'une et l'autre avec beaucoup de soin; nou-j les avoas consultées avec profit.
Du vivant de Racine, Andromaqae est comprise dans les divers recueils de ses œuvres Les principaux de ces recueils sont les suivants; — Œuvres de Racine, Paris, Claude Barbin (sur d'autres exemplaires: Jean Ribou), 1676, 2 vol. in-12, avec ligures gravées par Fr. Chauveau et Sébastien Le Clerc, d'après Lebi'un, contenant les neuf pièces représentées jusqu'alors, depuis la Thébaide jusqu'à Iphigéniey inclusivement; — Œuvres de Racine, Amsterdam, VVoifgang, suivant la copie imprimée h Paris, 16 8, 2 vol. in-12, avec ligures, contenant dix pièces; — Œluvres de Racine, Paris, Cl. Barbin (sur d'autres exemplaires: D. Thierry ou P. Trabouillet), 1697,2 vol. in- 12, avec figures. — Œuvres de Racine, Paris, Cl. Barbin (sur d'autres exemplaires : D Thierry ou P Trabjuillet), 1697, 2 vol. in- 12, avec frontisjjice d'après Lebrun et figures par Chaaveau, dernière
•I. Racine avait obtenu, vers -1636, grâce à son oncle, le P. Sconin, le prieuré de Sainte- Madeleine de l'Epinay, dans le diocèse d'Angers, il ne le conserva pas longtemps. Des cuncurrents à la possession de ce bénéfice lui intentèrent un procès, qu'il l erdit; pour se consoler, disent Louis Racine et d'Olivet, i) écrivit les Plaideurs,
NOtlCE HiSrOKlQliB
éditiovi publiée par Racine et revue pas lui; c'est le texte «lue nous avons suivi dans la prés 'nte -édition.
Après la mort, de K tcine, ses œuvres sont très souvent réimprimées, d'ordinaire avec soin et avec d'miportants commentaires. Il convient de ciler les élitions suivantes: — 1702, Paris, comuagnie des libraires, 2 vol. in-12; l'impression en fut piobablement surveillée par Boileau, et Louis Racine la dit la pl s exacte de toutes; on préfère généralement celle de î 697';— 1722, Amfeterdam, J. F. Bernard. 2 vol. in-12, donnée par Bruzen de la Martinière; 1743, Amsterdam, J. F. Bernard, 3 vol. in- 12, avec les démarques de grammaire de d'O ivet et des Remarques sur trois pièces de Racine pai- Racine le fils; Î760, Paris, 3 vol. in-4'', sans nom de libraire, mais avec privilège au nom de Michel Etienne David père; •— 1768. avec des commentaires par Luneau de Boisjermain. Pîjris, Cellot, tomes I-V, in~8 complétés par deux volumes in-S" d'Œuvres diverses^ publiées à Lon dres la même annéq; — 1(83, imprimées pour Téducation du Dauphin, Paris, Didot Taîné, 3 vol. in-4°, avec une notice deNaigeon; — an IX (1801-1805), Paris. P. Didot aîné, 3 vol. gr. in-fol., a^ec cinquante-sept gravures d'après Gérard, Girpdet, Cliauvet, Taunay, Moitte, Peyron, Prud'hon, Serangeli, admirable monument artistique et typo graphique.
iVIentionnons à part, pour Timportance de leiii* commentaire:
1807, Paris, Agasse, 7 vol. in-8*, avec le commentaire de La Harpe composé en 1795 et 1796, et un excellent travail critique du marquis Germain Garnier;
1808, Paris, L^normand, 7 vol. in-8% avec des commenlaiies par J. L. Geoffroy, le fameux critiqae dramatique, commentaires rédigés, trop vite, mais toujours utiles à consulter, bui tout au point de vue des imitations faites par Racine du théâtre grec et latin;
1820, Paris, Lefevre, 6 vol., in-8o, avec un bon choix de notes de tous les commentateurs, par L. Aimé Martin; cinq éditions jusqu'en 1844;
1869-1876, Paris, Garnier frères,8 vol. in-8o, commencée par Saint- Marc Girardin et achevée par Louis Moland; nous en avons parlé dans ÏAverlissement;
1865-18"3, Paris, Hachette, 8 vol. în-8", par M.Paul Mesnard, avec lexique de la lingue de Racine, par M. Ch. Marty-Laveaux ; même observation ;
Andromaque a été traduite en allemand, en vers, par Ayrenhoff Ppesburg, 180i, in-8o; autre édition en 1805;
En hollandais, en vers, par L. Meijer, Amsterdam, 1678. in-S»^ quatre éditions jusqu'en 1774 ; par A. L. Barbaz, Amsterdam, 1800; par H. Tollens, 1809, in-8»;
1. Voy., dans 1 édition P. Mesnard, t. ï, Avertissement, p. x à xii, la discussion i du mérite divers des deux éditions de n^9l et de 1702, et les raisons très probantes données par l'éditeur pour la préférence qu'il accorde à la première.
SUR ANDHOMAQUÇ
Ëlle a ete imitée en anglais, en vers, par Philips, sous le litre de la Mère en détresse (the Dtstrest Mother/y 1712, in-12, seconde édition en 1749, in-12;
Elle a été traduite en italien, en vers, par l'abl»é Conti, Louis Uiccoboni et sa femme, la Flaminia du Théâtre-Italien, Paris, 1725, in-8o; en prose, par Petroni, Paris, 1813; par Longhi. Bologne, sans date, in- M ;
Elle a été in)iiée en espagnol, sous le titre d'Astyanax (El Asdanactejf par D. Pedro de Silva i Sarmiento, iMadrid, 1764, rn-8o; traduite en prose par un anonyme, Madrid, 1789, in-8«; traduite en vers par D. M. B. de los Herrerns, Madrid, 1825.
Parmi les nombreuses études littéraires dont Andromaque a été 1 objet, directement ou indirectement, on consultera avec fruit,
Au point de vue des sources de la pièce française:
Patin, Éludes sur les tragiques greri, Euripide, t. I, chap. vu, viii, X et xiî, et t. Il, chap. xvi; voir auî:si, pour le caractère d'Oreste, Eschyle^ chap. vi et vu;
J. Janin, iW"" Rachel et la Tragédie, chap, xvi;
P. DE Saint-Victor, les Deux Masques, t. I, chap. xv à xvii, ot t. Il, chap. IV ;
Sur la pièce elle-même :
La Ha4ipe, le Liicée, seconde partie, livre I, chip, m, sect. i; ' M»e Clairon, Méritoires, édition de 1822, p. 299 à 302; GEOFFROY, Cours de littérature dramatioue, seconde édition, t. Il, p. 1 à 30 ;
Chatkaubriand, le Génie du Christianisme, seconde partie, livre H, chap. VI ;
Sai\te-Bëuvb, Portraits littéraires, t. I, p. 78 à 80, 82 à 83, et Port-Royal, t. VI, chap. xi, p. 116 à 127;
Saint-Mauc Girardin, Cours ds littéralure dramatique, t. I, chap. XI Y, et édition des Œuvres de Racine^ t. II. Notice préliminaire sur Andromaque et Examen critique d'Andromnque; dans la Notice préliminaire, l'auteur étudie ce qu'il appelle a les précédents d' Andromaque », c'est-à-dire l'amour et la jalousie au théâtre; dans VExamon critique, il étudie les divers caractères de la pièce, en les comparant à leurs modèles antiques (la partie relative à A'adromaque est la reprodticiion du chapitre'xiv du Cours d.e littérature dramatique);
NiSARD, Histoire de la lUiérature française, t. lll, liv. m, chap. viii, § 1, et 3 à 7;
J. Janin, M"- Raclv^-l et li Tragédie, III, p. 35; IV, p. 76 à 77, 96 à 98; VI, p. 127 à 129; XII, XV, p. 219 a 222;
H. Taine, Racine^ dans ses Nouveaux essais de critique et d'histoire, § îi;
P. Mesnard, édition des Œuvres de Racine, t. II, Notice sur Andromaque, et t, Vlll, Etudes sur le style de Racine, p. xx à xxviii;
h\ Deltour, les Ennemis de Haciae au xvii» siècle, deuxième partit-, chap. II ;
P. Janet, la Psychologie dans les tragédies de Racine^ dans la Revue des Deux Mondes du 15 septembre 1875, notamment p. 275 à 282;
F. Brunetière, Racine^ dans ses Etudes critiques sur Vhiatoire de la littérature française, notamment p. 212 â '233;
G. Merlet, Etudes littéraires sur les classiques français, t. I, p. 2^3 à 241 ;
V. FouRNEL. Racine et les variations du goût, dan^ sou édition des CEuvre de Racine, t. l, p. v et ïx *.
P. DE Saint- Victor, les Deux Masques^ t. III, le théâtre moderne, chap. IV.*
1. Dans le commentaire, nous indiquons tonjours, après le nom de l'auteur cité, Le titre de l'ouvrage et la page. Lorsqu'on trouvera le nom d'auteur seul, c'est que la citation sera empruntée à l'un des commentateurs de Racine ineulionnés plus haut.
tragédip:
ÉPITHE DËDICATOIRE