‹ Andromaque (volume 5)Chapitre 39 sur 160 · PREMIÈRE PRÉFACE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PRÉFACE

intention fort bonne de vouloir qu'on no mette sur la scène que des hommes impeccables; mais je les prie de se souvenir que ce n'est point à moi de changer les règles du théâtre. Horace nous recommande de peindre Achille farouche, inexorable, violent^, tel qu'il étoit, et tel qu'on dépeint son fils. Aristote, bien éloigné de nous demander dos héros parfaits, veut au contraire que les personnages tragiques, c'est-à-dire c^^ux dont le malheur fait la catastrophe de la tragédie, ne soient ni tout à fait bons, ni tout à fait méchants. Il ne veut pas qu'ils soient extrêmement bons, parce que la punition d'un homme de bien exciteroit plus l'indignation que la pitié d'un spectateur; ni qu'ils soient méchants avec excès, parce qu'on n'a pnnt pitié d'un scélérat. Il faut donc qu'ils aient une bonté médiocre 2, c'est-à-dire

d une pièce, bons ou mauvais, de pied en oip... La grande innovation de Racine et sa plus incontestable orieinalité dramatique consistent précisément dans cette réduction des personnages héroïques des proportions plus humaines, plus naturelles, et dans cette analyse délicate des plus secrètes nuances du sentiment et de la passion. » (Sainte-Ueuvb, Portraits littéraires, t. ï, p. 79.)

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