SCÈNE iV PYRRHUS, ORESTE, PHOENIX
PYRRHUS
Je*vous cherchais, seigneur. Un peu de violence 605
M'a fait de vos raisons combattre la puissance,
Je Tavoue; et, depuis que je vous ai quitté.
J'en ai senti la force et connu Téquité,
J'ai songé, comme vous, qu'à la Grèce, à mon porc,
A moi-même, en un mot, je devenais contraire 2; 610
Que je relevais Troie, et rendais imparfait
Tout ce qu'a fait Achille, et tout ce que j'ai fait
Je ne contiamue plus un courroux légitime;
Et Ton vous va 3, seigneur, livrer votre victime.
ORESTE
Seigneur, par ce conseil * prudent et rigoureux, BI9 ,
Cest acheter la paix du sang d'un malheureux.
1. Ceci n est pas une invocation banale d'amour langoureux, mais une supplicalion passionnée, mêlée de crainte, si Racine fait trop rarerTient parler à l'amour le simple lanijage de lantiquité, ici, du moins, i! rencontre l'expression vraie d'un sentiment sincère; sauf, peut-être, le mot « attraits », gâté par l'abus qu'en firent les précieuses, cette invocation pourrait se trouver dans h uripidb ou dans Sophocle et cet amour être la divinité redoutable à laquelle s'adresse le chœur d'Antigon9 (781 et suiv.) :
"Eçwç ivCxati K-à^**»
"Epo);, oç Êv xTÎj,aa<Ti wCrTei;,,, CtC.
On a déjà vu plus haut (II, i, v. 439) Hermione adresser à l'Amour une prier* aussi ardente et aussi sincère.
2. Dans le sens d* ennemi de moi-même, de mes intérêts. Fréquent chez Racine It ses contemporains. Ainsi (Bntann., Il, 2) :
...Vous seul jusqu'ici contraire à vos désirs. De même Gorneillk (Nie., V, io) :
Je sais par quel motif vous m'êtes si con train,