Connais pour reconnais, Voy. plus haut, p. 115, n
2. Cornp. Hhèdre s'écriant, dans la même situation d'esprit et avec les mê nci termes fPhèd., ni, i ) :
Enfln, tous tes conseils ne sont plus de saison. Sers mn fureur, Œiione, et non point ma raison.
De saiso7i {û[ï lat. saiionein, action de semer), dans le «ens de moment favorable, opportun, était une expression fréquemment employée au xvip siècle, en vers comme en prose, dans la comédie ccmme dans la tragédie. Molièrb dit {Dép. am,, V, 7) :
C'est bien fnil; la prudence est toujours de saison. El Hetz fConjur. de Fiesque): « Dans les affaires ou il s'agit de notre vie et de Tinlérêi général de l'Etat, la franchise n'est pas une vertu de saison. »
3. Kacine aime ces heureuses alliances de mots, qu'il obtient parfois en dédoublant l'expression, comme plus haut. Voy. p. 96, n. 6.
4. Comp. le vers déjà cité (p. 113, n. h) de Corneille [Cid, II, 2) :
Prenez un bon conseil. — Le conseil en est pris. Voy. plus haut, p. 78, n" 4.
6. Re l arquez la différence de sens des deux je le veux, malgré la ressemblance apparente de la construcUon.
ANDROxÛAQti.
J'y consens. Mais songez cependant où vous éte§.
Que croira-t-on de vous, à voir ce que vous faites 7
Dissinfîulez : calmez ce transport inquiet i;
Commandez à vos yeux de garder le secret. 72<
Ces gardes, cette cour, Tàir qui vous environne ^,
Tout dépend de Pyrrhus, et surtout Hermione^,
A ses regards surtout cachez voire courroux.
0 dieux! en cet état pourquoi la cherchiez-vous ?
ORESTE
Que sais-je I De moi-même élais=-je alors le maître ^ ? 7251 La fureur m'emportait, et je venais peut-être Menacer à la fois l'ingrate et son amant.
PYLADE
Et quel était Je fruit de cet emportement?
ORESTE
Et quelle âme, dis-moi, ne serait éperdue ^
Du coup dont ma raison vient d'être confondue ? 730
11 épouse, dit-il, Hermione demain:
Il veut, pour m'hoiiorer, la tenir de ma main.
Ah I plutôt cette main dans le sang du barbare..
PYLADE
Vous raôcusez, seigneur, de ce destin bizarre*:
1. Var. Faites taire, seigneur, ce transport inquiet. (1668-76 )
2. Expression aussi poétique-et aussi hardie que dans les fameux verstle /?nlannicus (U, 6) :
Vous êtes en des lioux tout pleins de sa puiss ince. Ces murs même, seifjneur, peuoent avoir des yeux, El jamais l'eiuppreur n'est absent do ces lieux.
3. Var, Tout dépend de Pyrrhus et suriout d'H"rinione. (iGfiS ci TT.)
(ieoKFROY pense avec raison que cecfe, qui d'un beau vers fait un vers insignifiant, et qui se retrouve dans plusieurs éditions postérieures à Racine, n'est qu'une faute tyiiographique.
4. On peut rapprocher de ces vers un passage de Rhadamisthe cl Zénohic (11,1), «le Crébilton, qui prêle à Uhadamislhe beaucoup de traits de TOresle de Racine. Iliéron lui demande; « Que prétendez-vous faire? » Rhadâmisthe répond :
El que sais-je, Iliéron? fiirie'ix, incertain. Criminel sans pencli-mt, vcrlueux ^^ans dessrin, Jouet infortuné do ma douleur extrCrao, Dans l'état où je suis me connoîs-je moi-même ?
5. c'est-à-dire pro/bnrfemcn/ troublé par. Le mot s'emploie plutôt absolument, sans régime. Rbonier ^Plainte) dit par une construction semblable à celle de Racine :
El mon âme d'ennuis est si fort éperdue... C. L'édiUoD 1736 donne celte variante» d'après l'exemplaire des comédicws: