‹ AndromaqueChapitre 100 sur 176 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

AGRIPPINE, BURRHtJS.

A GR1PPI]S[E.

Ah ! ciel ! de mes soupçons quelle était l'injustice ! Je condamnais Burrhus pour écouter Narcisse î Burrhus , avez-vous vu quels regards furieux INéron, en me quittant, m'a laissés pour adieux? C'en est fait, le cruel n'a plus rien qui l'arrête;

1^4 BRÏTANNICUS,

Le coup qu'on m'a prédit va tomber sur ma tête* 11 vous accablera vous-même à votre tour.

BURRHUS

Aliî madame , pour moi j'ai vécu trop d'un jour.

Plût au ciel que sa main , heureusement cruelle ,

Eut fait sur moi l'essai de sa fureur nouvelle î

Qu'il ne m'eut pas donné , par ce triste attentat ,

Un gage trop certain des malheurs de l'état î

Son crime seul n'est pas ce qui me désespère ;

Sa jalousie a pu l'armer contre son frëre :

Mais, s'il vous faut, madame , expliquer ma douleur^^

Néron l'a vu mourir sans changer de couleur.

Ses yeux indifférens ont déjà la constance

D'un tyran dans le crime endurci dès l'enfance. ^

Qu'il achève, madame, et qu'il fasse périr

Un ministre importun qui ne le peut souffrir.

Hélas î loin de vouloir éviter sa colère ,

La plus soudaine mort me sera la plus chère.

* Ses yeux indifférens , etc.

Racine n'a dû qu'à Iiii-niéine ce coup de pinceau qui est dans la manière de Tacite: s'il lui a été inférieur une fois, il fait voir ici, comme en plus d'un endroit de cette pièce, qu'il sait peindre comme lui , même sans lui rien emprunter.

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