‹ AndromaqueChapitre 101 sur 176 · SCÈNE VIII ET DERNIÈRE, AGRIPPINE, BURRHUS, ALBINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII ET DERNIÈRE, AGRIPPINE, BURRHUS, ALBINE

ALBIÎSE.

Ah î madame , aîi ! seigneur , courez vers Femperevir j ^ Venez sauver César de sa propre fureur j Il se voit pour jamais séparé de Junie,

AGRIPPINE

Quoi! Junie elle-même a terminé sa vie?

ALBINE

Pour accabler César d'un éternel ennui , Madame , sans mourir elle est morte pour lui. Yous savez de ces lieux comme elle s'est ravie : Elle a feint de passer chez la triste Octavie; Mais bientôt elle a pris des chemins écartés , Ou mes yeux ont suivi ses pas précipités. Des portes du palais elle sort éperdue •

^ Ahl madame y ahl seigneur y courez vers V empereur.

La consonnance des deux he'mistiches est plus excusable ici qu'ailleurs, dans un vers que Ton remarque à peine.

Vous savez de ces lieux comme elle s ^est raidie. Cette faute est beaucoup plus grave : rien ne peut faire passer Timpropriété du mot s^est ravie. On se dérobe , on s^échap-pe , etc. de quelque endroit; mais on ne peut se rapir d'un lieu. C'est le huitième et le dernier des vers que la critique îa plus sevère puisse être autorisée à rayer de cet ouvrage.

ï86 BRITANNICUS,

D'abord elle a d'Auguste aperçu la statue ;

Et mouillant de ses pleurs le marbre de ses pieds

Que de ses bras pressans elle tenait liés :

« Prince, par ces genoux, dit-elle, que j'embrasse,

w Protège en ce moment le reste de ta race.

w Rome , dans ton palais , vient de voir immoler

)3 Le seul de tes neveux qui te put ressembler.

On veut , après sa mort , que je lui sois parjure. >^ Mais , pour lui conserver une foi toujours pure , fi Prince, je me dévoue a ces dieux immortels w Dont ta vertu t'a fait partager les autels. « Le peuple cependant , que ce spectacle étonne , Vole de toutes parts , se presse , l'environne , S'attendrit à ses pleurs , et , plaignant son ennui , D'une commune voix la prend sous son appui. Ils la mènent au temple , où , depuis tant d'années , ^ Au culte des autels nos vierges destinées Gardent fidèlement le dépôt précieux Du feu toujours ardent qui brûle pour nos dieux. César les voit partir sans oser les distraire. Narcisse , plus hardi , s'empresse pour iui plaire ;

' I/s la mènent au temple , ou, depuis tant années , etc.

L'abbé Dubos blâme ici Racine , en alléguant les formalité nécessaires pour être reçu parmi les Vestales; mais ce n'e qu'une pure cbicane. Il est vraisemblable que le peuple a pu faire une exception en faveur de Junie , et la vraisemblance suffit aux poëtcs. L. B.

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