‹ AndromaqueChapitre 107 sur 176 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ANTIOCHUS, ARSACE

ANTIOCHUS

A.RRÊTONS un moment. La pompe de ces lieux.

Je le vois bien , Arsace , est nouvelle à tes yeux. *

Souvent ce cabinet , superbe et solitaire ,

Des secrets de Titus est le dépositaire ;

C'est ici quelquefois qu'il se cache à sa cour ,

* Arrêtons un moment. La pompe de ces lieux ,

Je le vois bien , Arsace , est nouvelle à tes yeux , etc.

« Ce de'lail n'est point inutile ; il fait voir clairement com- » bien Punité de lieu est observe'e : il met le spectateur au fait » tout d'un coup. On pourrait dire que la pompe de ces lieux et » ce cabinet superbe paraissent des expressions peu convenables » à un prince que cette pompe ne doit point du tout e'blouir , » et qui est occupé de toute autre chose que des ornemens d'un » cabinet. J'ai toujours remarqué que la douceur des vers em- » péchait qu'on ne remarquât ce défaut. » Volt.

Y a-t-il ici un défaut? Cette remarque n'est-elle pas plus

BÉRÉNICE

Lorsqu'il vient à la reine expliquer son amour De son appartement cette porte est prochaine , Et cette autre conduit dans celui de la reine. Va chez elle : dis-lui qu'importun à regret , ' -

J'ose lui demander un entretien secret.

ARSACE

Tous , seigneur , importun ? Tous , cet ami fidèle

Qu'un soin si généreux intéresse pour elle?

Vous 5 cet Antiochus son amant autrefois ?

Vous , que l'Orient compte entre ses plus grands rois î

Quoi ! déjà de Titus épouse en espérance , ^

Ce rang entre elle et vous met-il tant de distance ?

ANTIOCHUS

Va, dis-je ; et , sans vouloir te charger d'autres soins ^'^'^ Vois si je puis bientôt lui parler sans témoins.

minutieuse que juste? Un mol dit en passant, une simple e'plthète, ne marquent ni féblouissement ni la pre'occupation , et il est clair qu'Arsace seul pourrait être ébloui de cetfe pompe qui est nouvelle à ses yeux, et non pas à ceux d'Antiochus. Quoil déjà de Titus épouse en espérance , etc. Epouse en espérance. « Expression heureuse et neuve , dont Racine enrichit la langue , et que par conse'quent on criti- » qua d'abord. Remarquez encore qu^épouse suppose étant » épouse :c^e^i une ellipse heureuse en poésie. Ces finesses font » le charme de la diction. » Volt»

Si^ns vouloir te charger d^autr(;s soins. « Ce vers , qui ne spmble fait que pour la rime , annonce j> avec art qu^Vntiochus aime Bérénice. » Volt.

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