BÉRÉNICE, TITUS, PAULIN, PHÉNICE
BÉPiÉNlCE.
Ne vous offensez pas si mon zèle indiscret De votre solitude interrompt le secret.
Tandis qu'autour de moi votre cour assemblée Retentit des bienfaits dont vous m'avez comblée , Est-il juste, seigneur, que, seule en ce moment, Je demeure sans voix et sans ressentiment? Mais, seigneur, (car Je sais que cet ami sincère Du secret de nos cœurs connaît tout le mystère ) Votre deuil est fini ; rien n'arrête vos pas ; Vous êtes seul enfin , et ne me cherchez pas. J'entends que vous m'offrez un nouveau diadème , Et ne puis cependant vous entendre vous-même. Hélas! plus de repos , seigneur, et moins d'éclat : Votre amour ne peut-il paraître qu'au sénat ? Ah! Titus! (car enfin l'amour fuit la contrainte De tous ces noms que suit le respect et la crainte ) De quel soin votre amour va-t-il s'importuner ?
* Jâ demeure sans voix et sans ressentiment ?
« Ce mot est le seul employé par Racine, qui ait e'fe' hors » d'usage depuis lui ; Ressentiment n'est plus employé que pour » exprimer le souvenir des outrages, et non celui des bien- » faits. » Volt.