ACTE III, SCÈNE IV
Que , pour la consoler , je le faisais paraître Amoureux et constant , plus qu'il ne l'est peut-être.
ARSACE
Et de quel soin , seigneur , vous allez vous troubler ? Laissez à ce torrent le tems de s'écouler : Dans huit jours, dans un mois, n'importe, il faut qu'il passe. Demeurez seulement.
ANTIO CHUS,
Non ; je la quitte, Arsace.
Je sens qu'à sa douleur je pourrais compatir : Ma gloire , mon repos , tout m'excite à partir. Allons ; et de si loin évitons la cruelle , Que de long-tems , Arsace , on ne nous parle d'elle. Toutefois il nous reste encore assez de jour ; *
* Voltaire trouve avec raison les quatre derniers vers de cet acte, un peu langoureux ^ il ajoute ; «Le public aime assez » que chaque acte se termine par quelque morceau brillant
qui enlève les applaudissemens ; mais Bérénice re'ussit sans »'ce secours. Les tendresses de Faraour ne comportent guères » ces grands traits qu'on exige à la fin des actes dans des si-^ » tuations vraiment tragiques. »
Exiger serait un peu fort : on le de'sîre , on le demande ; mais les connaisseurs savent que ce n'est pas assez que la situation comporte ces grands traits : pour qu'ils se trouvent toujours à la fin des actes, il faut que la marche de la scène les amène naturellement j c'est la première de toutes les règles ,
282 BÉRÉNICE
Je vais daiivS mon palais attendre ton retour^ Va voir si la douleur ne l'a point trop saisie; Cours , et partons du moins assurés de sa vie.
€t Voltaire ne Tignorait pas, puisqu*il n'a pas toujours fini ses actes par des traits aussi heureux que celui ^Alzire : He'las! que n'êtes-vous le père de Zamore !