SCÈNE PREMIÈRE
BÉRÉNICE seule,
Phenice ne vîent point ! Momens trop rigoureux , * Que vous paraissez lents à mes rapides vœvix î Je m'agite, je cours, languissante, abattue; La force m'abandonne , et le repos me tue. Phénice ne vient point ! Ah ! que cette longuevir D'un présage funeste épouvante mon coeur î Phénice n'aura point de réponse à me rendre : Titus , l'ingrat Titus n'a point voulu l'entendre ; Il fuit , il se dérobe à ma juste fureur. ?
* Phénice ne vient point \ Momens trop rigoureux..,,
« Je me souviens d'avoir vu autrefois une trage'die de Saint » Jean-Baptiste , suppose'e ante'rieure h. Bérénice , dans laquelle » on avait inse're' toute cette tirade , pour faire croire que Ra- » cine Pavait vole'e. Cette supposition mal-adroite était assez » confondue par le style barbare du reste de la pièce ; mais ce » trait suffit pour faire voir à quels excès se porte la jalousie , » surtout quand il s'agit des succès du théâtre , qui , e'tant les » plus éclatans dans la littérature , sont aussi ceux qui aveu- » glent le plus les yeux de l'envie. Corneille et Racine en res- » sentirent les effets tant qu'ils travaillèrent » "Volt.
BÉRÉNICE