AGRIPPINE, ALBINE
ALBINE
Dans quel emportement la douleur vous engage , Madame î L'empereur puisse-t-il l'ignorer i
AGRIPPIlSfE.
Ah ! lui-même à mes yeux puisse-t-il se montrer !
ALBINE
Madame , au nom des dieux , cachez votre colère. Quoi ! pour les intérêts de la sœur ou du frère , Faut-il sacrifier le repos de vos Jours ? Contraindrez-vous César Jusques dans ses amours ?
AGRIPPIlSfE.
Quoi! tu ne vois donc pas jusqu'où l'on me ravale, Albine? C'est à moi qu'on donne une rivale. ^ Bientôt , si je ne romps ce funeste lien , Ma place est occupée, et je ne suis plus rien. Jusqu'ici d'un vain titre Octavie honorée,
Quoi! tu ne vois donc pas jusquou Pan me raçale , Albine ? C^est à moi qu ^on donne une riçale, Raçale est une expression énergique qui ne devrait pas vieiliir ; et qui aura toujours son effet quand elle sera bien place'e.
Inutile à la cour , en était ignorée.
Les grâces , les honneurs par moi seule versés , M'attiraient des mortels les vœux intéressés. Une autre de César a surpris la tendresse ; Elle aura le pouvoir d'épouse et de maîtresse ; Le fruit de tant de soins , la pompe des Césars , Tout deviendra le prix d'un seul de ses regards. Que dis-je? l'on m'évite , et déjà délaissée... Ah ! je ne puis , Albine , en souffrir la pensée. Quand je devrais du ciel hâter l'arrêt fatal , Néron, l'ingrat Néron... Mais voici son rival.
SCÈîStE V.