PREMIÈRE PRÉFACE I
attaqué. Je vols que Térence même semble ii' avoir! fait des prologues que pour se justifier contre les critiques d'un vieux poëte mal intentionné, maieçoU veteris poeîœ , et qui venait briguer des voix contre lui jusqu'aux heures où l'on représentait ses comédies.
Occepta est agi :
Exclamât y etc.
On me pouvait faire une difficulté qu'on ne m'aj point faite. Mais ce qui est échappé aux spectateurs pourra être remarqué par les lecteurs. C'eslj que je fais entrer Junie « dans les vestales , où, » selon Aulu-Gelle, on ne recevait personne au- :» dessous de six ans, ni au-dessus de dix. Mais i> le peuple prend ici Junie sous sa protection; w et j'ai cru qu'eu considération de sa naissance , )) de sa vertu et de son malheur , il pouvait la » dispenser de l'âge prescrit par les lois , comme » il a dispensé de l'âge pour le consulat tant de » grands hommes qui avaient mérité ce privi- » lége. »
Enfin, je suis très-persuadé qu'on me peut faire bien d'autres critiques, sur lesquelles je n'aurais d'autre parti à prendre que celui d'en profiter à
DE l'AUTEIjR. 23
Faveinr. Mais je plains fort le mallieur cVuii homme qui travaille pour le public. Ceux qui voient le mieux nos défauts , sont ceux qui les dissimulent le plus volontiers ; Us nous pardonnent les endroits qui leur ont déplu, en faveur de ceux qui leur ont donné du plaisir. Il n'y a rien au contraire de plus injuste qu'un ignorant ; il croit toujours que Padmiration est le partage des gens qui ne savent rien; il condamne toute une pièce pour une scène qu'il n'approuve pas; il s'attaque même aux endroits les plus éclatans^ pour faire croire qu'il a de l'esprit; et pour peu que nous résistions à ses sentimens, il nous traite de présomptueux qui ne veulent croire personne, et ne songe pas qu'il tire quelquefois plus de vanité d'une critique fort mauvaise , que nous n'en tirons d'une assez bonne pièce de théâlre. Homine împerito nunquàm quldquam injustius.