‹ AndromaqueChapitre 69 sur 176 · AGRIPPINE, BURRHUS · texte numérisé non relu

AGRIPPINE, BURRHUS

O ui , madame , à loisir vous pourrez vous défendre. César lui-même ici consent de vous entendre. Si son ordre au palais vovis a fait retenir , C'est peut-être à dessein de vous entretenir. Quoi qu'il en soit, si j'ose expliquer ma pensée,

* César lui-même ici consent de vous entendre.

Le spectateur doit présumer que c'est Burrhus lui-même qui a déterminé Néron à cette entrevue. Cependant il n'en parle même pas : il se contente de faire son devoir auprès de la mère et du fils , et de leur donner de sages conseils sans se faire valoir auprès de l'un ou de l'autre. U voudrait surtout prévenir une rupture éclatante entr'eux deux , parce qu'il prévoit quelles peuvent en être les suites. S'il engage Agrippine à ménager Néron , ce n'est pas qu'il approuve la conduite de ce dernier : on sait assez le contraire ; mais il pense avec raison que la vérité sera moins suspecte et plus autorisée dans sa bouche , que dans celle de cette femme altière , qui n'est propre qu'à tout perdre par sa violence. Ici elle ne daigne seulement pas lui répondre , et le congédie comme un domestique par ces mots; Qu^on me laisse açec lui. C'est toujours Agrippine.

Page 1