‹ AndromaqueChapitre 88 sur 176 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Tout m'est suspect : je crains que tout ne soit séduit ; Je crains Néron; je crains le malheur qui me suit. D'un noir pressentiment malgré moi prévenue , Je vous laisse à regret éloigner de ma vue. Hélas î si cette paix dont vous vous repaissez Couvrait contre vos jours quelques pièges dresse's; Si Néron , irrité de notre intelligence , Avait choisi la nuit pour cacher sa vengeance ; S'il préparait ses coups tandis que je vous vois ; Et si je vous parlais pour la dernière fois ! Ah I prince î

BRITA.ISÎNICUS. Tous pleurez ! Ah ! ma chère princesse l Et pour moi jusque-là votre cœur s'intéresse î Quoi! madame, en un jour où, plein de sa grandeur, Néron croit éhlouir vos yeux de sa splendeur , Dans des lieux où chacun me fuit et le révère , Aux pompes de sa cour préférer ma misère ! Quoi ! dans ce même jour et dans ces mêmes lieux , Refuser un empire , et pleurer à mes yeux ! Mais , madame , arrêtez ces précieuses larmes ; Mon retour va bientôt dissiper vos alarmes. Je me rendrais suspect par un plus long séjour.

» Tenir lieu dMnterprète entre Néron et moi.

» Et pourquoi voulez-vous que mon cœur s*en de'fie?

» Et que sais-je ! etc. » L. B.

l68 BRITANNICUS,

Adieu. Je vais, le cœur tout plein de mon atnour, Au milieu des transports d une aveugle jeunesse , Ne voir, n'entretenir que ma belle princesse. Adieu.

Prince.. •

BRlTATSfNICt] S,

On m'attend , madame , il faut partir,

JUNIE

Mais du moins attendez qu'on vous vienne avertir.

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