POUR RÉUNIR DIX VOTES
En mars 1909, les religieux Oblats du Nord-Ouest étaient appelés à nommer un délégué devant les représenter à Rome pour l'élection d'un Supérieur général. Voici le détail de l'opération :
« Notre évêque, monseigneur Grouard, ne peut réunir ses prêtres et obtenir leurs votes, il va aller de mission en mission, les recueillir. Il part d'ici à Edmuntoii — en « bob-sleigh » sur les dernières neiges et se rend à Smoky River, où il y a une mission florissante, établie depuis plusieurs années. Ce sont les premiers 100 milles. Après les fêtes de Pâques, le voilà sur les chemins boueux, détrempés, à 63 milles, en haut de la Rivière La Paix, il s'arrête saluer son ancienne mission Dunvegan, une des plus anciennes places de la Rivière La Paix ; et de là il se rend à Spirit River, qui n'est qu'à 15 milles au sud-ouest de Dunvegan. Mais de là à Grande Prairie, il y a 60 milles, et le Père qui a charge de cette mission a droit de donner sa voix.
Voilà l'histoire d'une élection. Faire 240 milles pour réunir dix voix et former un poil, est chose si peu commune, que je le crois un record et c'est pourquoi je vous le signale. On nous parle de certain comté dans Québec, où l'officier-rapporteur, en temps d'élection était autrefois obligé de faire des milles et des milles pour réunir les voix des électeurs. J'aimerais à savoir s'il a jamais fait 240 milles.
Revue Populaire, Un correspondant