DE LA FORGE A L'ÉPISCOPAT
Vous avez peut-être lu dans les journaux, en 1888, une brève note annonçant que Mgr Neil Me Neil de Terreneuve venait d'être
nommé archevêque de Vancouver, et cette nouvelle vous a paru, sans doute, n'avoir qu'un intérêt relatif.
Pourtant, il y a derrière ce simple fait divers, un détail anecdotique qui ne manque pas d'intérêt, tant il est anormal, tant surtout il indique le superbe épanouissement d'une volonté, d'une ténacité dont on a peu d'exemples.
Le nouvel archevêque de Vancouver descend, par son père, des McNeil de Barra, Écosse, et par sa mère, des Meaghers de Kilkenny, Irlande. Il est né à Mabon, Cap-Breton, voilà 59 ans.
A l'âge de quinze ans il dut quitter l'école pour apprendre chez son père le rude métier de forgeron. Trois ans plus tard, cependant, il disait adieu à la mécanique pour entrer au collège St-François Xavier d'Antigonish, N. F^. Son intention bien arrêtée était de devenir prêtre et rien ne pourra plus l'empêcher d'atteindre son but. En 1873, il est à Rome où il étudie sous la direction de feu le cardinal Satolli et de l'éminent astronome qu'est le R. P, Secchi. Après son départ de la Ville Éternelle, il passe une année à l'Université de Marseilles, France, pour se perfectionner dans les sciences de l'astronomie et des mathématiques, puis il revient à la Nouvel^e- Écosse en qualité de professeur dans le même collège qui l'avait vu arriver de la forge. Bientôt, il s'occupe de journalisme : en 1881, il fonde !'« Aurora » et de 1890 à 1892, il rédige r« Antigonish Casket ».
Sacré évêque de Nilopolis, in partibus infidelium et vicaire apostolique de St-Georges en 1895, dix ans plus tard, Mgr McNeil devenait évêque titulaire de St-Georges, lors de la création de l'archidiocèse de St-Jean de Terreneuve.
Durant les quinze années qu'il a séjourné à St-Georges, Mgr McNeil a exercé une influence heureuse. Il a érigé une cathédrale, un évêché et une école, puis il n'a pas cessé d'encourager chez le peuple, l'économie et l'agriculture.
Comme forgeron, étudiant, professeur, journaliste et prêtre, l'histoire de ce prélat a été une longue série de brillants succès. Comme astronome, mathématicien et linguiste, il a peu d'égaux en ce pays. On dit surtout qu'il possède lès langues anglaise et française d'une façon admirable. Mgr McNeil est bien connu à Montréal et il compte plusieurs amis chez les Sulpiciens de cette ville.
La Revue Populaire.