L'HONORABLE A.-N. MORIN
Le bonté et la charité de l'honorable Auguste-Norbert Morin étaient proverbiales, il donnait tout aux pauvres, tout, jusqu'à son dernier sou ; de sorte que, sa pension payée, il ne lui restait rien pour s'habiller.
Un jour, sir L.-H. Lafontaine lui dit qu'il ne voulait plus le voir paraître dans les rues avec l'accoutrement bizarre qu'il portait, que c'était un scandale. Il lui mit vingt-cinq louis dans les mains et lui enjoignit d'aller s'habiller. M. Morin s'en allait chez un tailleur, lorsqu'il rencontra un client malheureux dont il avait perdu le procès ; le client l'attendrit tellement sur son sort et sur le résultat de ce procès, que M. Morin lui mit les vingt-cinq louis entre les mains, en lui recommandant bien de ne pas en parler à M. Lafontaine. Mais M. Lafontaine, voyant toujours Morin avec la même toilette, se décida à lui demander des explications. M. Morin hésita un moment, mais, ne pouvant mentir, il finit par raconter l'affaire. M. Lafontaine le gourmanda, malgré l'envie de rire qu'il avait, et lui dit qu'il était décidé, cette fois, à l'emporter. Il l'emmena chez un tailleur et lui fit faire un habillement complet.
Biographies et portraits. L.-O. David
La modestie excessive de l'honorable A.-N. Morin est connue de tous ; en voici un exemple :
Ayant dressé le tableau généalogique de sa famille, il lui avait donné le titre suivant : « Une généalogie de paysans, par Tun d'eux ». Puis, au-dessous, sous forme d'épigraphe, on lisait : « Je suis vilain, bien vilain, très vilain ». — De Béranger.
Galerie Nationale, U honorable A.-N. Morin. A. Béchard
L'honorable Augustin-Norbert Morin né en 1803, mort eji 1865, fut avocat, député, secrétaire provincial et juge de la cour supérieure.
LE CLERGÉ CANADIEN