GEORGE V ET LA FRANC-MAÇONNERIE
Quelques journaux ont affirmé que notre souverain George V était un maçon, haut gradé, or, cela est absolument faux, s'il faut
en croire la marquise de Fontenoy. L'ancien diplomate qui publie, sous ce pseudonyme, dans la presse américaine des lettres quotidiennes sur le mouvement des cours d'Europe et qui est admirablement renseigné, soutient au contraire que George V est le seul monarque protestant, avec le Kaiser, qui ne soit pas maçon.
Édouard VII avait été maçon depuis près d'un demi-siècle lorsqu'il mourut ce printemps dernier. Il avait été initié au rôle maçonnique, à Stockholm, en Suède, peu de temps après son voyage au Canada.
Pendant les vingt-cinq ans qui précédèrent son accession au trône il fut grand maître de la franc-maçonnerie anglaise, et, à ce titre, dans deux occasions différentes, il publia des édits défendant aux maçons anglais tout rapport maçonnique avec les loges italiennes et françaises, qui nient l'existence de la divinité. Lorsqu'il monta sur le trône en 1901, Édouard VII se démit de ses fonctions de grandmaître, en faveur de son frère, le duc de Connaught, parce qu'il craignait d'être appelé comme chef de l'ordre à donner son nom à des mesures qui ne rencontreraient pas l'avis de ses ministres.
Quant à George V, c'est un fait connu en Angleterre qu'il a toujours refusé d'appartenir à la franc-maçonnerie, malgré la prière instante que lui en a faite souvent son père lui-même.
La Presse, 1910.