‹ Anecdotes canadiennesChapitre 162 sur 350 · JOSEPH-FRANÇOIS-PERRAULT · texte numérisé non relu

JOSEPH-FRANÇOIS-PERRAULT

ONSiEUR Jean Sérien dit Langlais, grand-oncle de J.-A. Langlais, le libraire bien connu de Québec, se rendit un jour au greffe de la Cour Supérieure pour se faire livrer certains documents auxquels il avait droit. S'adressant à M. le Protonotaire, qui était alors M. Perrault, il lui expose brièvement sa requête.

« — Votre nom, s'il vous plaît ? fait M. Perrault.

— Jean Sérien, Monsieur.

— Comment, vous n'en savez rien! Est-ce que je puis vous satisfaire sans savoir comment vous vous nommez ? Dites-moi votre nom.

— Je vous le dis. Monsieur, Jean Sérien.

— Avez -vous fini de vous moquer de moi !

— C'est plutôt vous qui vous moquez de moi !

— Allez au diable ! dit M. Perrault, rouge de colère, en lui tournant le dos.

Alors, M. Jean Sérien fit mine de se retirer, en riant de bon cœur.

Au même instant entrait un habitué de la Cour, auquel M. Perrault se^mit à conter l'aventure.

)) — Mais, dit le nouvel arrivé, vous avez eu tort de vous fâcher ; je connais cet homme, qui est un brave citoyen, et fort spirituel encore.

— Spirituel ? Comment, spirituel ? Je voudrais bien voir...

— Allons, cessez de vous monter et reprenez vos sens. Cet homme ne vous a dit que la vérité : il se nomme Jean Sérien dit Langlais.

Jugez de la stupéfaction de M. Perrault à cette nouvelle. Il se hâte de courir après l'homme qu'il vient de congédier d'une façon si peu courtoise et s'excuse de sa promptitude en lui disant :

)) — Cest rien Jean ; oubliez et soyons amis ».

Les gens d'esprit trouvent toujours moyen de réparer une bévue.

UAlmanach Canadien, 1891. Anonyme

M. X... avocat, entra un jour, « chapeau sur la tête dans le bureau du greffier pour le consulter. Il voulait savoir la signification du terme légal donner du découvert à son voisin. Le greffier, sans se déranger, ni le regarder, lui répond : « Monsieur, il y a deux espèces de découvert : le premier, que vous devez apprendre, c'est celui d'un gentilhomme qui se découvre en s'adressant à un autre ». Ainsi apostrophé l'interlocuteur dut s'exécuter et reçut ensuite l'interpré-

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