NOS JOURNAUX EN
UN des ex -rédacteurs du Courrier de Québec, (publié il y a un siècle), se plaignait du peu d'encouragement que les Canadiens accordent à leurs journaux : « On aimait, dit-on, le Courrier. Mais si on Taimait, pourquoi ne pas prendre les moyens de le conserver ? Pourquoi ne pas y souscrire plutôt que de courir de maison en maison pour trouver et lire le numéro du jour » ?
Il ajoute que la plus forte liste du Courrier s'est élevée à trois cents souscripteurs.
« Tant que l'on verra les Canadiens préférer un tour de calèche au plaisir de lire une bonne feuille périodique, on pourra toujours affirmer qu'ils sont incapables de remplir la part qui leur est assignée par la constitution ».
La citation qui précède me remet en mémoire l'épigramme de Joseph Quesnel, écrite en 1803, alors que la Gazette de Québec et le Herald de Québec, (fondé en 1789) se partageaient les faveurs pubhques, et qu'ils voyaient encore « sur leurs antiques listes errer de loin en loin le nom d'un abonné :
Pourquoi tous ces livres divers, Écrits en prose, écrits en vers.
Et qui remplissent vos tablettes.
Disait au libraire Ménard Un certain noble campagnard, Qui pourra lire ces sornettes 1
— Des sornettes ! vous vous trompez ; Ce sont de nos meilleurs poètes
Tous les ouvrages renommés ; Vous devriez en faire emplette.
— Emplette ! à quoi bon ? Vous saurez Que m'étant joint à deux curés,
Nous souscrivons pour la Gazelle de Québec ».
Mélanges dlmtoire et de littérature. B. Sulte