BOXE ET DUEL
M. Rodolphe Desrivières, un des chefs des Fils de la Liberté, et quelques jeunes patriotes assistaient, un soir, à une représentation, à Montréal. Tout alla bien jusqu'au moment où l'orchestre attaqua
le God save tlie Queen, Aux premières notes de l'hymne officiel, suivant la coutume, tous les spectateurs se levèrent et se découvrirent. Plusieurs loyaux remarquant que Desrivières et ses amis restaient assis et coifïés, malgré les cris de Hats ofj qu'on leur adressait de partout, il fut résolu, immédiatement, de les expulser. Devant la force supérieure des assaillants, les patriotes se dirigèrent vers la sortie et Desrivières couvrit la retraite, mais comme ce dernier franchissait le seuil de la porte, il reçut un si solide coup de poing derrière la tête que son chapeau alla rouler sur le sol. Son agresseur était le Dr Jones, un gaillard de six pieds trois pouces, qui pesait deux cent trente livres.
Jugeant qu'il était inutile de tenter une revanche dans le moment. Desrivières, rongea son frein, et se contenta de dire à Jones : / will remember you. Deux jours après, notre compatriote rencontra son ennemi, rue Notre-Dame, et lui demanda publiquement des excuses qui lui furent refusées avec dédain. Jones conscient de sa force était loin de soupçonner ce qui lui arriverait. Il avait à peine exprimé un refus bien catégorique que Desrivières lui servait une série d'apper cuis, de jabs et de swings qui mirent le médecin saxon hors de combat. Des amis durent intervenir et les séparer, car on craignait pour la vie du médecin. Le lendemain, le Dr Jones envoya ses témoins à Desrivières et cette affaire se termina par un duel où il n'y eut aucune effusion de sang.
Revue Populaire. E.-Z. Massicotte