DOUBLE ANECDOTE
Pierre Beaupré, ingénieur civil demeurant à Sorcl en 1812, était père de dix-huit enfants, dont quatorze vivaient encore ; trois filles, onze garçons, sur lesquels dix entrèrent dans le service militaire en 1812 ; en plus, l'un de ses gendres s'enrôla également. Ce vide du foyer domestique parait l'avoir préoccupé, avec raison, plus que tout autre et le porta à composer une chanson qui n'a pas été imprimée, mais que l'un de ses petits-fils, résidant à Kingston, conserve avec soin parmi ses souvenirs de famille.
L'auteur de ces couplets mérite une place dans l'histoire de la milice du Canada, à côté de ses courageux enfants. Il mourut en 1816. Il paraît avoir été le petit-fils de Pierre Beaupré, maîtreserrurier aux Forges Saint-Maurice, et, ce qui est plus curieux, frère ou cousin d'Antoine Beaupré, des Trois-Rivières, qui, se trouvant à Paris le 5 mars 1793, en plein sous le régime de la Terreur, prononça un discours, dans un café de la place du Louvre, où il prenait Robespierre à parti et déclarait que le meilleur gouvernement pour la France serait une bonne imitation du système de la Grande-Bretagne. Louis XVI étant mort sur l'échafaud. Beaupré demandait la restauration du dauphin avec gouvernement constitutionnel. Il fut arrêté sur-le-champ et conduit à la guillotine.
La Milice Canadienne-française. Benjamin wSulte