UN BOHÈME
C'est sur la scène du Théâtre Royal de Montréal, que se produisit d'abord Huret-Levassor, ce type étonnant, tour à tour, « acteur, charlatan, colporteur, marchand de bric-à-brac, et par-dessus tout, bohème et aventurier ». Il était venu en notre ville avec la troupe française de M^^^ Larmet et il ne revit plus sa patrie. Sa carrière, ici, fut très mouvementée. Un jour, on le vit, place Jacques-Cartier, en compagnie d'une célébrité métropolitaine : Wood, le guérisseur, vantant « les vertus magiques du « Baume du Samaritain » et récoltant un succès colossal tant ses harangues avaient une saveur exotique, spirituelle et attrayante. Croyant avoir trouvé le pactole, il parcourut la province en faisant l'article, donnant aussi, parfois, des représentations. A Québec, il tenta de se fixer en y fondant un café chantant, mais il lui fallut reprendre la route ; son lot était de ne s'attacher nulle part. Ruiné physiquement et pécuniairement, il s'éteignit en 1874, à l'Hôpital de Norwich, Conn. Racontant sa fin misérable, l'a Écho du Canada » disait : « Malgré sa vie accidentée d'actions plus ou moins excentriques, il avait cependant bon cœur et dans ses moments d'abondance sa bourse était ouverte aux malheureux. »
Revue Populaire. E.-Z. Massicotte