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Anecdotes & curiosités historiques sur les accouchements

Une cause digne de Salomon.— On écrit de Padoue qu'il vient de s'y passer un événement très extraordinaire : une sage-femme enceinte et à terme, assistant une dame de cette ville, qui était en travail d'enfant, se vit surprise elle-même par les douleurs de l'enfantement. La servante de la maison, fille d'un certain âge, appelée au secours, reçoit comme elle peut les deux enfants, tous deux du sexe masculin, et les met dans le même berceau, sans remarquer la place qu'elle donne à chacun. L'un des deux enfants, étant mort quelques minutes après sa naissance, le survivant fut réclamé par les deux mères : quels juges seraient capables de décider une telle eau se ?

{Gazette de France. 21 Juillet 1777' .

Une femme qui accouche souvent. — Un petit employé va trouver son chef de bureau.

— Auriez-vous l'obligeance, monsieur, de m'accorder un congé. lia femme accouche.

— C'est trop juste, dit le chef, j'accorde le congé.

Trois mois après, le même employé sollicite un nouveau congé. Vous avez donc une affaire importante, interroge le chef.

— Oui, monsieur, ma femme accouche.

— Mais vous m'avez donné la même raison, il y a trois mois. Il n'est pas possible que votre femme puisse accoucher. Ce n'est pas naturel.

— Au contraire, elle est sage-femme !

Une doctoresse empêchée. — Les femmes qui exercent la médecine peuvent donner lieu de temps en temps à des scènes de ce genre.

Un monsieur sonne, au milieu de la nuit, à la porte de son docteur, lequel vient de céder sa clientèle à une femme.

— Vite, crie-t-il à la bonne, priez le docteur de passer chez moi.

— Impossible en ce moment, monsieur.

— Mais ma femme est sur le point d'accoucher.

— Le docteur aussi ! ! !

Les tribulations d'une sage-femme. — Les internes de l'hôpital Necker aiment à s'amuser. Mais la plaisanterie n'a pas le don d'être toujours agréable aux habitants du quartier.

Une sage-femme, voisine de l'hospice, avait, à la porte delà maison où elle habite, un tableau représentant une dame se penchant vers un gros chou, d'où émergeait un enfant qui lui tendait les bras, C'était peint sur une plaque de tôle, mais l'œuvre était ancienne et la peinture ternie s'écaillait et tombait.

Or, une nuit, les internes s'emparèrent delà plaque. On juge de la surprise de la matrone lorsqu'elle ne vit plus son tableau. Toutefois, elle en prit son parti et profita de l'occasion pour commander une nouvelle plaque.

Huit jours après, on posait un tableau superbe où une opulente nourrice tenaitdans ses bras un bébé rayonnant de santé. C'était d'un coup d'œil merveilleux, et la sage-femme regardait. avec une visible satisfaction, les ouvriers poser sa plaque.

Quelle ne fut pas sa stupeur, le lendemain, en retrouvant la vieille plaque à la place de la neuve. Les étudiants, ayant reconnu que la valeur artistique de celle-ci était supérieure à celle de l'ancienne, avaient opéré la substitution.

La sage-femme, furieuse, a porté plainte chez le commissaire du quartier.

Les gaietés de l'enseigne. — On lit, sur les fenêtres du premier

étage, dans le haut du faubourg Saint-Antoine :

:e-femme de lre classe. »

Et, immédiatement au dessous, à l'entresol « Confections d'enfants sur mesure. »

Conséquences de la concurrence. — Dernièrement un de nos bons amis, un de nos très sympathiques confrères, est appelé en hâte chez une daine de son voisinage.

C'était pour une fausse-couche ; provoquée, sans aucun doute. D'ailleurs, il y avait, dans le fond de la chambre, une accoucheuse qui y faisait triste mine.

Après avoir prescrit et indiqué les soins nécessaires, notre ami se retire, et, sur le pas de la porte, attirant l'accoucheuse, lui dit :

— Voyons, madame, avouez que vous y êtes pour quelque chose?

— Och ! qu'est-ceque vous voulez, monsieur le docteur, dit-elle en ce joyeux français que vous connaissez, il faut bien faire ça pour vivre, depuis que les médecins font des accouchements ! ! !

[Gazette de gynécologie).

Un mot d'accoucheur. — Le Dr P... venait d'accoucher une superbe personne, très enviable et très enviée. Dans le premier moment d'effervescence, et tenant encore le moutard dans les mains : <( Ah ! petit, s'écria-t-il. par reconnaissante, tu devrais bien me passer ta contre-marque. »

Comparaison n'est pas raison. — Un accoucheur, mandé par un

porteur pour accoucher sa femme, se rendit auprès d'elle et la délivra d'un bel enfant. Le porteur lui demanda ce qu'il lui fallait.

— Une guinée, répondit l'accoucheur.

— Une guinée. Comment ! je suis obligé de mener le plus gros homme qui puisse entrer dans ma brouette à un mille pour un Bchelling, et vous me demandez une guinée pour avoir amené de si près un petit marmot gros comme le poing !

Londresiana.

Une distraction. — Le docteur V***, un de nos meilleurs accoucheurs, compte parmi les plus fervents adeptes de la dame de pique.

L'autre nuit, au sortir du cercle, il est brusquement appelé auprès d'une souveraine exotique, en résidence à Paris, et dont la situation intéressante nécessite des soins immédiats.

Au moment psychologique, le bon docteur reconnaît un héritier nicile et, triomphalement, s'exclame :

— Je tourne le roi!

Autre distraction. — Un soir, le vieux docteur X..., médecin-accoucheur des plus savants, était entrain de délivrer une concierge, quand, soudain, un violent coup de sonnette retentit dans la loge. A ce bruit, le vieux docteur, si brusquement dérangé de son travail, tire le cordon ombilical et coupe celui de sonnette !...

Bacchus et Lucine. — Le docteur X... était un amant de la dive bouteille. Il ne commençait ses visites qu'à quatre heures du soir et, vers huit heures, il était gris Un jour, appelé auprès d'une femme en mal d'enfant, il entre et demande de l'huile pour pratiquer le toucher. On lui en met dans un verre; comme on savait ses goûts, dans un autre on verse du cognac, mais selon son ordinaire, il n'était pas tout à fait dans son assiette; il fait une pirouette, et se trompe de verre. L'huile y passa sans qu'il s'en aperçut. Il n'en lit pas moins bien l'accouchement.

(Gazette médicale de Picardie).

Sceptique ou distrait. — En voyage, une ieune dame est surprise par des douleurs très caractéristiques. Un médecin, appelé en toute hâte, commence par lui demander :

— Avez-vous déjà passé par cette épreuve ? Elle, très interdite :

— Mais, docteur, je suis mariée depuis un an à peine! Le docteur, imperturbable :

— Vous ne répondez pas à ma question. Je la réitère. Est-ce la première fois que ceci vous arrive?

Erreurs obstétricales

Certain bourgeois tomba malade, et pendant quelques jours il se contenta de garder le lit. soigné uniquement par sa tille. Enfin cependant, comme il sentait le mal empirer, il envoya chercher un médecin. Celui-ci le saigna, et il ordonna à la demoiselle de conserver le sang, afin qu'à son retour il pût voir, quand ce sang serait refroidi, d'où la maladie provenait. La tille, pour plus grande sûreté, alla porter l'écuelle dans sa chambre, et la posa bien couverte sur un banc. Mais l'instant d'après l'étourdie n'y songea plus, et la première chose qu'elle fit en rentrant chez elle, ce fut de tout jeter par terre.

Qu'imaginer en pareille circonstance pour éviter d'être grondée ? Elle ne trouva rien de mieux que de se faire saigner elle-même par une autre personne, et quand le médecin reviendrait, de lui présenter ce sang en place de celui de son père. C'est ce qui arriva; mais 1 Esculape devina la tricherie et voulut en punir la donzelle; il s'adresse au père : - Ce sang-là, dit-il. me donne pour vous de bonnes espérances, il m'annonce que bientôt vous aurez un enfant de plus. » A ces paroles, le prud'homme reste interdit, et il l'est avec d'autant pins de raison qu'il était veuf. Il en demande l'explication. De son coté, la tille rougit; enfin tout s'explique; et celle-ci, forcée d'avouer la vérité, convient qu'à trois mois de là, l'horoscope du médecin doit s'accomplir.

Combien de gens, qui en voulant tromper les autres, ont été trompés eux-mêmes.

(Fabliau du XIII* siècle. (rr rn ,, ,/r pa r I^grs.-s'd v>' X\:^?>x) .

Le duc Henri de Bavière avait envoyé au physicien Xotker.pour éprouver la justesse de ses diagnostics, de l'urine d'une femme de chambre, qu'il devait examiner comme étant de sa propre urine. Après examen, Notker s'écria : « Miraculum nunc etportentum, Deus facûurus est, quodquodnunquamestauditum, ut vir

ro pareret. » En effet, le prétendu duc mit au monde, trente jours après, un garçon; la femme de chambre avait perdu sa virginité.

Dr Ghereau.

Je me souviens que j'étois encore bien vieil, la Cour du Parlement étant à Tours, que de bons garçons firent une galantise à une sage-femme . Ils mirent un gars, en guise de femme prête d'accoucher, dans un lit, et firent venir une sage-femme, qui mettant la main dessous les draps et trouvant son braquemard, dit tout haut : « Courage, l'enfant viendra bientôt ; j'en tiens le bras!» Elle le vouloit remettre, sans qu'elle reconnût ce que c'étoit.

(Le moyen de parvenir XVIe Siècle).

L'anecdote suivante est racontée dans les journaux de l'Amérique et du Canada. Un jeune homme, fraîchement émoulu de l'Ecole, où il avait obtenu des distinctions honorifiques et des médailles, est envoyé par son père, médecin, auprès d'une femme en travail. Au toucher, il trouve l'orifice de l'utérus non dilaté ! Il attend une heure, et comme il ne se produit aucun changement, il fait une application de pommade à la belladone et essaie de faire la dilatation forcée, par l'introduction du doigt. Au bout d'une heure, ne trouvant encore aucune dilatation, il s'inquiète et vient demander l'assistance de son père ; mais avant son retour, l'expulsion de l'enfant était terminée. Le père fit un examen attentif et trouva l'anus de l'enfant rouge et élargi, abondamment taché de cérat belladone. Le jeune médecin avait eu affaire à une présentation des fesses, et avait confondu l'anus de l'enfant avec un orifice utérin non dilaté.

(France médicale).

Le plus souvent, l'orifice inférieur est pris pour l'orifice supérieur : « Si, dit Yelpeau, pour démontrer la possibilité de pareille erreur, le témoignage d'une infinité d'observateurs instruits ne

suffisent pas, je relaterais l'anecdote bien connue d'un ancien professeur d'accouchements de l'Ecole de Paris : un peu tranchant de caractère, il venait de toucher une femme en travail, et., croyant avoir trouvé la face, il soutenait avec feu qu'une pareille position ne pouvait, en aucun cas. être confondue avec celle du siège, ne s'apercevant pas que son doigt, couvert de méconium, était là pour le démentir aux yeux des élèves, qui ne purent s'empêcher de rire aux éclats ! »

Il y a près de deux mois, un événement désastreux a eu lieu dans la section de chirurgie de l'hôpital Saint-Spiridon. Nous disons désastreux parce que l'on doit considérer comme tel l'opération faite le 6 juin dernier sur la femme Dominica Mihaila, âgée de vingt-cinq ans.

Dominica Mihaila est une paysanne du département Vaselin, mariée depuis assez longtemps, elle avait eu déjà sept enfants : depuis plus de quatre ans, elle n'avait plus eu de rapports conju: gaux avec son mari. Un soir, il y a un peu plus de sept mois, elle eut. une seule fois, des relations avec un homme de son village. Cette femme devenue grosse, connaissait assez les symptômes de la grossesse pour ne pas se tromper à son huitième enfant. Craignant la colère de son mari, elle se décida à venir à Jassy pour accoucher et cacher ainsi sa faute. Mais pour faire ce voyage, elle ne pouvait pas dévoiler la vraie cause : elle se plaignit donc de violentes douleurs dans le ventre qui avait grossi, mais au lieu de se diriger vers la maternité, ce qui aurait donné l'éveil à son mari, elle entra à l'hôpital Saint Spiridon, croyant pouvoir y rester jusqu'à l'époque de son accouchement. Elle fut admise dans la section de chirurgie, et les chirurgiens du service, MM. Kuss senior, chirurgien en chef, et Sculi, médecin secondaire, portèrent le diagnostic de kystosarcome du ligament large droit. L'opération fut faite le 6 juin ; mais au lieu d'un kysto-sarcome, on trouva un enfant bien portant de sept mois, qui survécut quelques heures. La mère mourut du sixième au huitième jour.

Cet événement ne tarda pas à être connu et le ministre crut devoir saisir de cette affaire le Conseil sanitaire supérieur, qui eut à Be prononcer sur cette opération.

Dan^ sa séance du 10 juillet, après avoir examiné en son entier

le dossier de l'enquête et les actes médico-légaux de la commission nommée ad hoc, et après avoir entendu MM. les docteurs Russ senior et Sculi, sur les diverses circonstances dans lesquelles ils avaient pratiqué cette opération,

Le Conseil sanitaire supérieur,

Considérant que, dans le cas présent, une erreur grave de diagnostic a été commise ; que M. Sculi ne s'est pas entouré de toutes les garanties voulues pour éviter l'erreur ; qu'il a omis de demander l'avis d'autres confrères pour une opération qui, par elle-même, pouvait compromettre la vie de la malade ; qu'il a assumé la responsabilité complète au lieu et place du médecin en chef et cela sans une autorisation expresse et formelle de la commission de surveillance de l'hôpital : que c'est sans motifs que M. le docteur Sculi, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de Jassy, avait des malades à sa disposition personnelle pour son cours et ses opérations ;

Considérant que M. le docteur Russ senior reconnaît que cette irrégularité était la suite d'une entente mutuelle entre lui et M. le docteur Sculi, irrégularité tolérée par la commission de surveillance de l'hôpital Saint-Spiridon, mais contraire aux règlements de l'hôpital ;

Considérant, qu'en dehors de l'erreur de diagnostic faite par M. Sculi, celui-ci, au lieu de s'assurer, après avoir fait l'incision des parois abdominales, de la nature de la tumeur qu'il avait sous les yeux, a commencé immédiatement à ponctionner le prétendu kyste avec le bistouri et non avec le trocart, en faisant, au lieu d'une incision longitudinale, une incision transversale, etc., etc.

Décide que M. le docteur Sculi, ayant commis une erreur des plus graves dans l'exercice de l'art médical, doit être révoqué de ses fonctions de médecin de l'hôpital ;

Que M. le docteur Russ senior, en ne tenant pas compte du règlement, doit être invité à l'exécution scrupuleuse du dit règlement.

Signé : Drs Fofino, Kalindero, Theodoki, Tergiu, Colben Maldareagu, Félix, Marodi et Itrati.

Je crois devoir ajouter que. d'après les règlements de l'hôpital Saint-Spiridon, les médecins en chef sont seuls responsables des traitements qu'ils prescrivent, et que les médecins secondaires n'agissant que sur l'invitation et sous la responsabilité des médecins en chef. Or. dans le cas présent, l'opération avait été faite par M. le docteur Sculi. médecin secondaire, et M. le docteur Russ senior, médecin en chef, lui avait servi d'aide.

Après la décision du Conseil sanitaire supérieur, le ministère public a cru devoir traduire devant les tribunaux M. Sculi.. qui a été acquitté en première instance, le 30 septembre dernier. Il n'y avail pas de partie civile en cause, le mari de l'opérée ayant été désintéressé avant le proc

'Virale) .

Arrivée au terme de la je, une pauvre femme avait été

délivrée, d'abord du cher fardeau si longuement porté, et bientôt après de la vie. Cela se passait à l'hôpital. Du moins paraissaitelle avoir succombé aux suites d'une hémorragie considérable. C'était dans le service de M. Depaul. Arrivé près du lit de cette faiseuse d'orphelins : « Cette femme est morte », dit-il.

« Pas encore î » lit la femme.

L'effet de cette voix d'outre-tombe sur les assistants et principalement sur le médecin, aux regrets de son inconsidération, n'a pas besoin d'être décrit.

Elle était si peu morte que. trois semaines après, parfaitement guérie, elle sortait de la clinique.

M. Depaul citait le fait pour montrer que le médecin ne saurait jamais imposer trop de retenue à sa langue et qu'il est des choses qu'on doit toujours sous-entendre au lit du malade et garder pour l'amphithéâtre.

Aventure pareille, était arrivée à Récamier.

Venu en consultation auprès d'un homme du monde atteint de fièvre typhoïde, il se plaignait d'avoir été appelé trop tard : « Il n'y a plus de ressources » disait-il.

A peine a-t-il dit, qu'une suite de bruits sonores est émise par l'homme qui, immédiatement après, en lettré, les contresigne de

la remarque suivante : Qui crépitât vivit, dit-il. En français, qui... crépite n'est pas mort.

Il l'était si peu, qu'il pédantise toujours.

(Meunier, les Gaietés de la Science).

Dans une couche laborieuse, Depaul ne manquait jamais de faire passer le goupillon avant le forceps et d'administrer le baptême intra-utérin, ce qui lui valut la mésaventure suivante : après avoir pratiqué la craniotomie sur l'enfant d'une femme atteinte de rétrécissement du bassin, il réveilla la patiente, plongée dans le sommeil anesthésique et lui dit :

— Nous avons été obligé de sacrifier votre enfant, mais vous pouvez être tranquille ; nous l'avons baptisé, son âme est sauvée !

— Qu'est-ce que ça me fait, répond la mère, je suis juive !

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