‹ Anecdotes & curiosités historiques sur les accouchementsChapitre 6 sur 26 · NO ANECDOTE · texte numérisé non relu

NO ANECDOTE

llie montre plusieurs contrats pareils, acceptés par des praticiens américains et californiens ; il m'assure que, c'est un usage adopte là-bas par («aïs les gens sérieux, que pour lui. infiniment plus riche que moi, il donnera aux pauvres la somme assurée, si l'enfant meurt : que c'est une manière américaine d'être certain que je mettrai toute ma sollicitude et tout mon talent à lui faire avoir un • •niant vivant. .le refuse toujours, mais il me prend par le point d'honneur disant que je lui montre mon refus, que je n'ai pasplus de confiance enma nouvelle méthode qu'en celled'une sage-femme.

Je signe enfin, à cel entêté original, une assurance réduite à dix mille francs avec Kl pour cent de prime.

Dix mille francs c'était tout ce que j'avais économisé après 8 ans de pratique, aussi j'apportai à cet accouchement, non pas plus de soins et de talent qu'à un autre, mais beaucoup plus d'inquiétude certainement, et l'inquiétude n'est pas une garantie de succès. Au dernier moment, il exigea encore que sa femme fut chloroformée comme elle l'avait été à chaque précédente occasion. Pour cette fois je me permis une tricherie et ne donnai à Madame que le chloroforme à la reine.

Aussitôt la dilatation achevée, je rompis la poche des eaux en appliquant le forceps, et grâce au tracteur qui montait pourtant à 65 kilog. j'eus la satisfaction d'obtenir un enfant qui se prit à crier à peine né. C'était une belle petite tille, le père désirait un tils,mais il fut content tout de même, et la première manifestation de sa joie l'ut de se moquer de moi.

« Vous êtes un excellent accoucheur mais un bien mauvais com- " u înercant, vous n'entendez rien aux assurances : c'est cinquante " p«air cent et non pas dix qu'il fallait demander pour prime; vous « auriez droit à cinq mille francs au lieu de mille. Vous n'êtes pas « plaident, etc.

« C'est vrai lui dis-je. je ne suis pas commerçant, mais vous n'êtes « pas plus prudent que moi : vous ne m'avez pas demandé le prix « de l'accouchement, j'aurais dit mille francs, maintenant c'esl << cinq mille et pour la prime je me rattraperai à votre prochain « enfant.

<< Bravo, bravo, répondit-il, vous aurez cinq mille francs, vous « en aurez même six mille, les pauvres de votre paroisse en auront « deux, mais vous ne vous rattraperez pas. si ma chère fille vitj'é-l i pargnerai une nouvelle épreuve à sa bonne et courageuse mère. « etc.

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Je ne sais trop si ces assurances sur la vie d'un enfant à venir, sont bien conformes aux principes européens,, sur la responsabilité médicale. Cette épreuve m'a donné trop de soucis pour que je recommence volontiers, mais je crois. qu'au point de vue du client, il pourrait peut-être parfois s'assurer, par ce moyen, plus de sollicitude et de prudence, qu'il n'en obtiendrait par de simples honoraires payés, bonheur ou malheur.

Dr Roussel, de Genève.

Femme se délivrant elle-même avec le forceps. — 1871, le 15

mai. Étant à la campagne, un paysan vint me chercher pourdéli, vrer sa femme en travail depuis deux jours. J'avais alors une blessure au bras droit qui me permettait à peine l'usage de la main. Mon tracteur était à la ville et je n'étais muni que d'un ancien forceps presque droit.

La femme était une robuste primipare de 41 ans. La tète était engagée au détroit supérieur, la poche des eaux avait été rompue par une sage-femme qui avait donné la veille deux paquets de seigle ergoté.

J'appliquai le forceps avec beaucoup de difficultés et de douleurs dans mon bras malade, et je voulus faire tirer le mari,, sur le lien que, selon ma coutume, je passe dans les fenêtres. Au bout d'un instant cet homme défaille et s'évanouit. La sage-femme était absente et personne-ne consentait à m'aider.

Je commençais à être fort embarrassé, lorsque la femme, qui voulait à toute force être délivrée, s'écria: - Ah! si je pouvais, moi, je tirerais vos fers, j'aurais bientôt sorti l'enfant. » Il me vint à l'idée que ceci ne serait peut-être pas impossible, et demandant une corde, je fixai son milieu au lien passé dans les fenêtres du forceps, je fis faire aux extrémités le tour de la barre de fer transversale du pied du lit. comme sur une poulie de réflexion, puis j..* mis chaque bout de la corde dans les mains de la femme.

Ue-ci se mit à tirer, avec hésitation d'abord, puis glissant sur les matelas, ses pieds rencontrèrent la barre du pied du lit sur laquelle ils s'appuyèrent. Elle prit courage et bientôt, percevant quelques progrès, elle se mit à chaque douleur à tirer de toute la

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force «le ses bras ei de ses jambes arc-boutées, tellement que j'eus grand'peine à la modérer.

.J'ai remarqué qu'instinctivement elle cherchait à tirer dans le sens de La pins faible résistanGeet du meilleur chemin, c'est-à-dire pour nous, selon les axes du bassin. En effet, au commencement, Lorsque la tête était encore dans le détroit supérieur, le corpsdela Femme étail tout allongé sur le lit> son bassin se soulevait de façon à ce que la ligne de traction fut tout à fait dirigée en arrière : lorsque la tête fut dans l'excavation, la femme étail posée sur le lit les

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jambes très-écartées, les pieds solidement appuyés. Vers la lin. lorsque la tête arriva à la vulve, la femme était presque assise sur le lit, courbée en avant, do sorte que la ligne de traction était portée, autant que possible, en avant et en liant.

Mon rôle se bornait à tenir les branches du forceps, à soutenir le périnée et à modérer l'ardeur de la parturiente.

En î à x minnles de tractions qui ont été certainement trèsvigoureuses, l'enfant naquit asphyxié, mais je pus le ranimer,

Les suites de ces couches singulières furent aussi simples que naturelles.

\ mon arrivée, cette femme poussail des cris horribles à chaque

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douleur inutile; dès qu'elle eut aux mains les cordes de délivrance, elle ne proféra plus une seule plaint y. à chaque contraction utérine elle se soulevait, se cramponnait aux cordes et tirait sans respirer de toute la l'orée redoublée que donne le travail de l'accouchement. Elle m'a déclaré n'avoir plus du tout perçu de douleurs, mais seulement le besoin instinctif, irrésistible de travailler, de tirer et d'achever sa laborieuse délivrance. Elle répète que s'il survient un autre enfant, elle ne veut pas attendre une heure, mais se délivrer delà même façon.

Dr Roussel, de Genève.

Remède anti-malthusien. - Le D1 Tarnier a trouvé un moyen pratique pour remédier à la dépopulation delà France. Il a institué un prix de 100 francs pour chaque enfant qui naîtra pendant l'année 1892, dans la commune dArc-sur-Tille (Côte-d'or), son lieu de naissance.

Un l'ait semblable a eu lieu dans l'Is< r . Pendant l'année 1891, l'état civil de la commune de Charette, canton de Morestel, n'avait enregistré une seule naissance. Le comte de Chardonnet. maire de Charette. en présence de cette circonstance, a fait annoncer à son de caisse et afficher l'avis suivant :

•< Nous, maire de Charette, promettons de délivrer une prime de cent francs à toute femme qui mettra au monde un enfant viable pendant l'année 1892. Cette prime sera délivrée au bout des huit jours qui suivront la déclaration de naissance à la mairie. Les parents devront habiter la commune depuis au moins une anné l'enfant devra être légitima

L'obstétrique devant les tribunaux.

Question de droit singulière. — Pierre Wagner, négociant à Londres, laisse en mourant sa femme enceinte, après avoir fait un testament par lequel il donne ;'i son fils, au cas que sa femmeaccon-

Si ANECDOTES

ehe d'un garçon, la moitié de son bien, qui consiste en vingt mille livres sterling, â su femme, le tiers, el à Albert Brisk, son neveu, un sixième, si sa femme accouche d'une fille, il lui donne la moitié, à sa fille le tiers, et ;'i si m neveu le sixième.

La mère est accouchée en même temps d'une fille et d'un garçon. Le père n'avait pas prévu ce cas dans son testament. On a fait différentes consultations pour son exécution. Les uns cannaient à la fille un sixième de plus qu'au neveu, et à la mère, un sixième de plus qu'à la fille: d'autres adjugeaient les deux tiers du legs du fils à la mère, deux tiers de celui de la mère à la fille, et la moitié de c"lui de la tille au neveu.

11 a été décidé que, comme l'intention du testateur semblait avoir été que son fils eût un tiers plus que sa mère, sa femme un tiers plus que sa fille, et la fille le double du neveu, il fallait donner neuf cents livres sterling au fils, six cents à la mère, quatre cents à la tille et cent au neveu, comme le moins favorisé, et celui sur lequel devait tomber la perte occasionnée par la survenance de deux héritiers.

( Jette question avait déjà été agitée dans les Mercures (h' France des années 1749, et 1750. et on en donna alors deux solutions, dont l'une est de Barème : on peut consulter ces Mercures,

Sue, Essais sur les accouchements.

Erreur judiciaire. — A Berne, une fille d'une famille honnête, d'une ligure agréable, d'un caractère doux et facile, avait été exposée à ce genre d'attaques auxquelles la nature semble avoir livré son sexe, et dont la Société le punit si cruellement de ne pas savoir se défendre. Séduite et abandonnée, elle était restée grosse, accablée seule (\*^ suites d'une faiblesse que la loi. (Mi Suisse, connue en France, t'ait un crime de ne pas révéler av.mt son dernier terme.

I dévorée par le regret el la douleur, elle s'était bannie elle m îme des compagnies où son état n'était plus un secret : sa seule consolation <>u son unique occupation était de se rendre le matin dans un bois voisin de la ville : (die y passait le jour à pleurer dans la solitude, <■( no revenait a la maison, qu'à l'heure où la nuit pouvait dérober aux yeux ses larme- et son ignominie. Ce genre de vie et son motif étaient connus : ils étaient le sujet des conversations.

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Un jour, dans ce même bois, un passant trouve le cadavre d'un enfant, né, à ce qu'il paraissait, de la veille, et mort, autant qu'on pouvait le conjecturer, après sa naissance. Il rend comptée la justice de ce qu'il a vu : le publie en est instruit à l'instant : un cri universel s'élève : il dénonce la belle affligée solitaire.

On l'arrête sur cet indice : le juge, déjà convaincu de son crime, l'examine pour la forme : il la presse, moins pour s'assurer qu'elle est coupable, que pour bâter le moment où il pourra prononcer sa condamnation.

L'Infortunée marquait moins de terreur ou de remords que d'abattement : mais elle ne se défend point : elle ne nie rien de tout ce qu'on lui reproche ~: le juge, préoccupé de l'évidence du délit, ne songe pas même à le constater : il ne fait point d'enquête : il n'ordonne point de visite de la personne : tout lui parait démontré, et sur la confession apparente de la coupable, supposant la preuve acquise, il prononce la peine ordonnée par la loi,, c'est-à-dire, la peine de mort. Il n'y a de différence entre la sanglante jurisprudence de la France et celle de la Suisse, sur cet article, que dans le genre du supplice : dans le premier de ces pays, on étrangle la criminelle; dans l'autre, on la décapite.

Partout les ministres de la religion sont la ressource et les consolateurs des malbeureux : ici. suivant ce respectable et attendrissant usage, un pasteur s'approche de la victime que la justice croit devoir sacrifiera l'exemple. Il veut s'assurer de ses dispositions. pour relever son courage, s'il la trouve affaissée par le désespoir; pour réveiller en elle des remords et un effroi salutaire, si une insensibilité dangereuse a glacé son âme.

Il est surpris de trouver un cœur inaccessible au remords comme à la crainte, et une persuasion intime que l'acte, dont elle va subir le châtiment, n'est pas un délit : il est très étonné de l'entendre, au lieu de s'humilier de l'avoir commis, s'opiniàtrer à soutenir qu'elle auraiteu droit de le commettre; elle semblait chercher à se convaincre que la vie d'un enfant, qui n'est pas encore né. appartient à -a mère, à l'individu de qui il fait encore partie, et que la vengeance divine ne peut s'armer contre la personne qui dispose d'une propriété aussi intime, aussi inséparable de sa propre existence.

Le casuiste, ne voyant dans ce système qu'un beau raisonnement et un écart de la raison, s'attache à les combattre : il y réussit : il parvient à convaincre la patiente que la vie d'un enfant, même dans le sein de sa mère, est un dépôt qu'elle ne peut supprimer ar-

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