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INFLUENCE, SURVEILLANCE, REPRESSION

résultant des attributions des deux ministères.

§ iev. — Influence.

— Direction donnée aux rédacteurs en chef des journaux de Paris par le ministre de la police générale.

— Même direction donnée aux journaux des départements par le ministère de l'intérieur.

— Rédaction du Moniteur officiel, confiée au ministre secrétaire d'État ; articles fournis par le cabinet particulier de l'empereur (1).

— Traduction des journaux étrangers ; réponses par le Moniteur fournies par le ministre des affaires étrangères, le secrétaire d'État, ou le cabinet, suivant l'importance du document publié à l'étranger.

— Publications d'écrits ou de documents ordonnées par le gouvernement, sous la forme officielle ou officieuse.

— Encouragements aux hommes de lettres, pour faciliter la publication de leurs travaux.

— Positions à donner à certains écrivains dans les administrations publiques, afin d'assurer leur existence et d'éteindre leur polémique.

(0 On trouve, dans le Moniteur, des notes dictées par l'empereur, sur les discussions élevées au sein du parlement anglais. En général, la réfutation des articles des journaux anglais était faite par Barrère de Vieuzac, ancien membre de la Convention nationale; con travail était rétribué par la caisse du domaine privé de l'empereur.

— Secours aux familles des littérateurs, journalistes, ou artistes tombés dans la gène par la mort de leurs chefs.

— Récompenses honorifiques aux hommes de lettres et artistes.

§ IL — Surveillance.

Rapports journaliers sur :

— La tenue des séances des sociétés savantes, littéraires, commerciales, industrielles et bachiques.

— Prédications dans les temples consacrés aux cultes.

— Cours publics d'enseignement.

— Bourse, halles et marchés.

— Théâtres, spectacles, curiosités. Signaler les allusions que les pièces peuvent produire, et le nombre plus ou moins grand des spectateurs. Suspension des représentations ou interdictions.

— Palais. Audiences des tribunaux; causes célèbres; l'impression publique sur le résultat.

— Conversations de salons, réunions publiques ou privées, fêtes et cérémonies.

— Expositions; leur influence sur l'esprit public.

— Fréquentations des bibliothèques ou cabinets littéraires.

— Effets produits par les publications ou les œuvres d'imagination.

— Promenades publiques.

— Arrivée, séjour et départ des étrangers; leurs relations dans le monde.

— Les journaux, leur personnel, le nombre d'abonnés, leur influence journalière, ou l'effet produit par un article ou par la publication d'un document de politique extérieure. Le compte rendu des ouvrages littéraires, scientifiques, ou d'enseignement.

— Circulation des livres à Paris, en province, ou à l'étranger.

— Contrôle du personnel de toutes les professions dépen" dantes de l'imprimerie et de la librairie.

— Le nombre d'ouvriers occupés mensuellement; leurs sociétés de secours.

— Fabrication des ustensiles d'imprimerie, dessins, gravures, musique.

— Ventes publiques des bibliothèques, leurs catalogues ; saisies des ouvrages prohibés ou appartenant aux établissements publics.

— Bouquinistes, vendeurs de livres sur la voie publique^ colporteurs, crieurs des rues.

— Chansons populaires , et écrits répandus sur la voie publique par l'autorité locale.

§ III. — Répression.

La presse étant réglementée dans son état matériel, et la censure établie sur la pensée, la répression ne pouvait s'exercer que sur l'inobservation des articles du règlement.

Le décret du 5 février 1810 imposait des obligations à remplir et des pénalités en cas d'infraction. Dès lors beaucoup de contraventions, peu de délits, pas de crimes.

La surveillance était bienveillante et presque toujours administrative.

Elle se bornait aux points suivants : Conseils aux auteurs; — avis, officieux aux fabricants ou débitants; — appel à la direction pour se mettre en règle ; — visites des inspecteurs ordinaires ; — constatations des contraventions par voie administrative; — procès-verbaux judiciaires en cas de délit. — Intervention suprême du ministre de la

police générale dans les publications qui pouvaient troubler la tranquillité publique et constituer un crime (1).

L'administration du baron de Pommereuil était si active, si prévoyante, que sous sa direction cette dernière hypothèse ne s'est jamais présentée»

Reproches des Dans les nombreux ouvrages publiés sur le gouvernement

historiens. , . ,

impérial, on a reproche à Napoléon d'avoir comprimé l'opinion publique par les entraves dont il avait environné la presse.

La presse n'est II faut faire une distinction à ce sujet. La presse n'est pas PexpresSr'de l'opinion publique, mais simplement son expression souvent l'opmion. vraie, quelquefois fausse. Elle est elle-même soumise à bien des vicissitudes, tantôt recherchée, tantôt abandonnée ; on peut aller jusqu'à dire que, dans certaines circonstances, elle n'a pas toujours été la véritable représentation de la pensée générale.

Il est même arrivé qu'après avoir préparé et secondé un événement politique, la presse a été impuissante pour en comprimer le développement extrême. Lorsqu'elle s'est arrêtée, en présence du danger, pour combattre l'effervescence par ses observations ou son mutisme, elle est devenue victime de son assistance première , en se trouvant muselée par le pouvoir qu'elle avait aidé à établir, et forcée pour exister de préconiser un système qui n'était pas celui qu'elle s'était proposée de soutenir.

L'opinion pu- L'empereur n'a pas comprimé l'opinion publique, puisbiique et rem- qUe cene opinion l'a suivi et soutenu, qu'elle s'est identifiée

perenr. * * A

avec lui pendant quinze ans. La meilleure preuve qu'on puisse en donner, c'est qu'au dire même des écrivains roya-

(i) Documents inédits tires des archives du ministère de la police générale, et de la division de l'imprimerie et de la librairie, sous l'empire.

listes les plus considérables (1), elle s'est retirée de lui en 1814, el qu'il a succombé î

En 1815, cette même opinion a reparu plus vive que jamais, et l'a ramené triomphant à Paris.

Est-ce qu'à ce retour mémorable de l'ile d'Elbe la presse impuissance

,.,,.. -. , ., de la presse

royaliste n avait pas des organes nombreux et répandus? royaliste au re- Peut-on dire alors avec vérité que les journaux de cette d'Elbe. e époque, principalement les Débats, la Quotidienne, le Journal de Paris, et en somme, toutes les feuilles publiques, généralement dévouées au gouvernement royal, fussent l'expression vraie de l'opinion, puisqu'elle se manifestait dans un sens tout opposé à leurs principes politiques et à leur propagande?

Le caractère distinctif de l'opinion de 1815 se dessine caractère de dans ces simples nouvelles insérées au journal officiel du quTeTîsïs!'11' gouvernement royal, et successivement répétées par les autres organes de la presse :

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