Le ton du o^ècit
Le Ion du récit nous fournit-il quelques indications ?
11 est toujours très hasardeux, nous ne l'ignorons pas, de fonder des attributions sur de simples caractères littéraires. Pourtant la manière de conter de Racan se dessine nettement dans les Mémoires, — tranquille, tramante, souvent naïve, s' attardant sur des détails inutiles qui allongent les phrases, sentant sous Louis XIV son xvi* siècle, et formant un piquant contraste, comme nous le noterons maintes fois dans le récit des mêmes traits, avec Tallemant des Réaux, bref, nerveux, vif et courant au mot de la fin.
La manière de Racan se reconnaît dans la plupart de ces anecdotes, qui ne forment nul changement de ton avec celles qui les entourent et qui sont authentiquement du languissant conteur. L'impression est frappante, par exemple, pour 1, 13 et 32, trois de celles qu'avait laissées incertaines l'étude seule du sujet.