XIV RULHIERE ET RICHELIEU
Sous le ministère du duc d'Aiguillon, Kulhière avait éprouvé une SOI te de disgrâce ' . Elle n'étonne pas : un ministre qui, en politique, faisait complètement abstraction de la Pologne, devait fort peu se soucier de son historien. Il en fut autrement avec le nouveau règne. M. de Vcrgcnnes ne pensait pas là-dessus comme le duc d'Aiguillon. Kulhière reprit son travail et fît souvent, dans les salons, des lectures de ce nouvel ouvrage. Au mois d'août 1774, le comte de Provence le choisit pour secrétaire de ses commandements, comme M"'^ Elisabeth choisissait Chamfort. Ce n'était là, du reste, que la confirnmtion d'une grâce plus ancienne. La protection du comte de Provence s'était déjà exercée, l'année précédente, à l'égard de Kulhière. A la suite d'une lecture de LA RÉVOLUTION DE 1762, faite à ce prince, le duc d'Aiguillon, ayant réclamé de Kulhière la remise de son manuscrit, et ayant éprouvé un refus, avait chargé M. de Sartinc, lieutenant de police, de l'exiger de Vauteur. Le conite de Provence, pour mettre fin à des vexations dont il pouvait se croire la cause indirecte, annonça à Kulhière qu'il le faisait son secrétaire ordinaire^.
1. Méni. de BachaumoiU, 1 nov. 1771, VI, 26. Il perdit o sa place et sa pension «. Voir aussi sa belle épitre à Chamfort, Sur le renversement de ma fortune, dans les Œuvres, p. i 3.