IIVGIÈXE ALIMENTAIRE DU MINEUR
N’y a-t-il pas d’autres alfections anémiantes ou simplement débilitantes, auxquelles les ouvriers des charbonnages soient plus particulièrement exposés? On peut se demander si les coliques et les troubles gastro-intestinaux qu’on observe fréquemment en dehors des helminthiases, les « douleurs de reins » dont beaucoup se plaignent, ne sont pas subordonnés à des causes évitables. Nous rapporterions volontiers ces dernières au refroidissement qu'ils subissent en passant, la ceinture toute moite encore des elforts qu’ils viennent de faire, de certains chantiers trop chauds dans des galeries fraîches, ainsi qu’à la nécessité de marcher plié en deux durant des centaines de mètres de voies de fond. Quant aux premiers, nous les attribuons sans hésiter à une mauvaise hygiène alimentaire. Le houilleur, qui descend dans la fosse entre 5 heures et 6 heures du matin, et qui a parfois un long chemin à parcourir avant d’y arriver, quitte bien souvent la maison sans avoir rien pris, ou seulement lesté d’une collation insuffisante. La grossière tartine qu’il mange, tantôt avec voracité, tantôt avec dégoût, dans la nuit, la poussière.
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les fumées et. l’iiumidité des galeries ou des tailles, assis au milieu des blocs de minerai ou sur de vieux bois, n’est pas de nature à le réconforter. Lorsqu’il l’emonte, il ne se trouve en mesure de faire un repas sérieux que vers 3 heures de 1 après-midi. Et s’il prend encore quelque chose le soir, avant de se mettre au lit, ce n'est, la plupart du temps, qu’un peu de charcuterie, de lard ou de viande froide. Les habitudes alimentaires sont donc complètement bouleversées pour lui, au détriment de son tube digestif, de sa santé et de sa vigueur.
Eh bien, nous savons par nos conversations avec quelques ingénieurs distingués, qu’il ne serait nullement difficile de changer tout cela. Il sulllrait de descendre et de remonter deux heures plus tard : de 7 à 8 heures du matin et de 4 à 5 heures du soir. Le mineur pourrait ainsi se mettre au travail complètement lesté, et lorsqu’il rentrerait à la maison, l’heure serait plus favorable pour un second repas sérieux. x\ous voyons bien que cette organisation nouvelle dérangerait les idées et le mécanisme habituel des bureaux d’administration. Mais nous croyons pouvoir allirmer qu’elle ne nuirait à rien d’essentiel, ni au point de vue de l’extraction, ni au point de vue de la vente du minerai. On nous objectera qu'un homme ne peut peiner huit heures de suite sans prendre quelque chose. D’accord. Seulement, il nous semble que midi, par exemple, serait un moment mieux choisi que neuf heures, en vue de cette collation au milieu du travail.
Mous voudrions que les compagnies ou les syndicats prissent l’initiative d’installer, au voisinagé du puits, une sorte de cantine où, d’ailleurs, on ne débiterait, à part du vin naturel séA'èrement contrôlé, ou de la bière légère, peu alcoolisée et de fabrication rationnelle, aucun liquide nuisible à la santé. Le but principal de cet établissement serait de pourvoir au petit repas du fond. L’ouvrier y prendrait en passant, le matin, ce qui lui convient : eau
FRANÇOIS
CAUSES UE l’anémie, UHOPIIYLAXIE
pure, eau vineuse, thé ou café faibles (1), jambon, viande, pain beurré ou non, le solide étant enfermé, comme cela se fait déjà, en un sac de toile, remplacé et lavé tous les jours à la cantine. Ce sac devrait être imperméable, et il faudrait veiller à ce que le mineur s’en servît toujours comme d’un gant caoutchouté pour saisir ses aliments. Tous les produits débités seraient, bien entendu, de bonne qualité, et vendus au jirix minimum. La bière et les limonades, gardées fraîches, serviraient à désaltérer ceux qui, à la remontée, n’auraient .pas le courage d’attendre le dîner et les rafraîchissements préparés au logis.