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neuses, nous n’hésitons pas à déclarer, en présence des chiffres inquiétants que nous avons établis, qu’il faudrait prati. quer l’examen microscopique des selles de tout homme d’apparence anémique, se plaignant d’une manière chronique de troubles digestifs, ainsi que d’éblouissements et de bourdonnements d’oreilles. La revue totale de chaque puits à ce point de AUie serait même utile. Lorsqu’on trouverait des œufs d’helminthes — et nous savons que ce serait environ soixante-dix fois sur cent — la cure appropriée serait instituée sans retard. C’est à cette entreprise d’assainissement que devraient tout d’abord servir, et sans préjudice de leurs autres usages, les dispensaires dhygiène sociale, que préconise M. le docteur Calmette, directeur de l’Institut Pastein- de Lille (1). Des lits, dont le nombre resterait à fixer, y seraient mis, dans des barraquements de planches provisoires, à la disposition des vermineux en traitement. Les médecins des charbonnages, entièrement absorbés par leurs malades et par des œuvres philanthropiques, telles que les gouttes de lait et les consultations de nourrissons, dont les compagnies ont pris partout la généreuse initiative, ne pourraient suffire seuls à une pareille tâche qui, pour être menée à bien et apporter à l’étude des infections vermineuses une contribution valable, nécessiterait un personnel et un outillage particuliers.
Après la guérison, on remettrait aux mineurs une pepetite brochure où ils trouveraient le résumé des précautions à prendre, en matière de jardinage et d’hygiène alimentaire, pour éviter le retour offensif des parasites intestinaux : substitution des engrais chimiques aux engrais naturels, ébullition de l’eau de boisson, quand elle est suspecte, cuisson ou nettoyage soigneux des légumes, usage des compotes et des confitures préparées avec les fruits que la terre peut souiller. Sachant aujourd’hui le
(1) Calmette et Breton, ouvrage cité. Il est juste de dire que la conception de ces établissements et le mot lui-même ont été empruntés aux médecins belges..
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rôle important que jouent, dans la propagation des maladies infectieuses, d’autres parasites appartenant à la classe des insectes : les moustiques pour le paludisme, la lièvre jaune et la filariose, la mouche tsé-tsé pour la maladie du sommeil {try panosomose) , la puce pour la peste (1), il conviendrait d’y ajouter (juelques notions sur la désinfection et le bon entretien des ajipartements et de la literie, afin d’éviter la pullulation des hôtes habituels des vieux corons. Les houilleurs apprendraient ainsi que, de même qu’il n’y a ]ioint de roses sans épines, il n’existe aucune satisfaction sans mélange ; et, tout en continuant d’apprécier la commodité de ces pavillons presqu’élégaiits, élevés depuis quelques années par la prévoyance de leurs patrons, de savourer le charme et les douceurs de ces jardinets qui leur ont été annexés, ils sauraient maintenir l’intégrité des premiers et se garder des dangers des seconds.
Ces jardins ouvriers qui, rangés tout autour des houillères, sont une des œuvres les plus humaines accomplies parles compagnies, et qui n’ont qu’un défaut, celui d’être encore trop petits : ces jardins ouvriers, où les enfants jouent, où la mère va cueillir la plante utile en respirant une fleur, nous les avons un jour entendu célébrer, à la Salle des associations^ de Lens, par un maître du barreau de Douai, M. Dubron, avec la magnifique éloquence que donnent un grand cœur et de fortes convictions. Tout ému, nous nous disions que, pour bercer la douleur humaine et atténuer les heurts des inégalités sociales, il faudrait répéter souvent dépareilles chansons. Cela devrait
(1) Moustiques et lualndics infectituises, par Ed. et Et. Sergent, Paris, chez Marson, 1904. — Les moustiques et la fiècre jaune, L. Dyé, Paris, 1903. — Prophylaxie de la fièvre jaune, L. Vincent, In Arch. de parasitologie, janvier, 1905. — La maladie du sommeil, Brumpt, ibid., janvier 1905. — Rôle des puces dans la propagation de la peste, L. Noc, ibid., janvier 1905. — Ij’s Moustiques, R. Blanchard, Paris, 1905.
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être une j»artie de la poésie de ce temps où, par l’apaisement et l’entente, par la collaboration vigilante des bonnes volontés et des activités en quête du mieux, il s’agit de reconstituer une race.
De telles bonnes volontés, nous pensons, avec MM. Calniette et Breton, qu’on en rencontrerait dans les rangs des ouvriers eux-mêmes :
« Si l'on veut instruire le mineui’, écrivent-ils, il sera bon de rechercher, parmi ses camarades, ceux qui savent prendre une certaine linfluence sur lui, de choisir quelques sujets intelligents, remuants, pour en faire des moniteurs d’hygiène^ qu’on tâcherait de convaincre de l’importance du rôle social qu’ils ])euvent ainsi remplir... A force d’entendre répéter les mêmes avertissements, les mêmes conseils, par des hommes qui travaillent avec eux, parlent leur langage et vivent de leur vie, les mineurs finiraient par se laisser convaincre. Ils apprendraient l’hj^giène, comme ils apprennent les chansons populaires, sans contrainte et sans effort (1). »
(1) Loc. cit., p. 135.