B) LES MANIFESTATIONS NERVEUSES
Les manifestations nerveuses sont rares et, d’une façon générale, peu intenses; elles sont pour cette raison peu connues, beaucoup moins bien que celles, beaucoup plus fréquentes et plus nettes, de la maladie de Biermer,
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Elles compliquent habituellement une anémie fran- À chement caractérisée, mais il n’en est pas toujours ainsi, et dans quelques cas rapportés par Wiits et A.-C. Guillaume elles l’ont nettement précédée : leur association aux altérations eutanéo-muqueuses et notamment à la glossite lisse diffuse constitue alors un symptôme d'orientation de premier ordre. En effet, comme le fait remarquer Chaudre dans sa thèse, l’interdépendance des altérations nerveuses | avec l’anémie est loin d’être établie. « Son apparition au : cours d’états hypochromiques de faible degré, son absence dans certaines anémies graves secondaires, et enfin la possibilité de persistance ou même d’aggravation, malgré le retour du sang à la normale, plaident contre cette hypothèse. » Il est séduisant, par contre, de rattacher ces altérations à la déficience de la fonction gastrique, comme cela a déjà été fait (Lhermitte) pour les syndromes neuro-anémiques de la maladie de Biermer; c’est là un problème qui est en dehors du cadre de cette étude.
Les troubles psychiques.
Les troubles psychiques sont parmi les plus fréquents; habituellement légers, ils revêtent la symptomatologie d’un syndrome psychasténique atténué : à l’apathie et à l’indifférence, aux « idées noires » se joignent un peu d’anxiété avec tendance à l’insomnie et parfois une céphalée légère.
Ïl est rare (obs. de Dameshek, Merklen et Gounelle, Meulengracht) que ces troubles, plus accentués, conduisent à de véritables psychoses, à prédominance mélancolique ou anxieuse, avec tendance au suicide, parfois entrecoupées de phases d’excitation délirante avec hallucinations.
Les paresthésies.
Elles ne sont pas non plus exceptionnelles : elles siègent habituellement aux extrémités des doigts et les orteils;
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ces acroparesthésies sont comparées par les malades à. des sénsations d’engourdissement, de fourmillement, de brûlüres qui rappellent les troubles analogues qu’on peut observer dans la maladie de Biermer. Il st plus rare qu’elles siègent en d’autres points du corps (face, thorax, etc.).
Toutes ces dysesthésies, qui cèdent admirablément à. la: thérapeutique martiale, peuvent être rapprochées du.
prurit vulvaire que nous avons étudié plus haut.
Les syndromes neuro-anémiques caractérisés.
Ils sont beaucoup plus rares et la littérature n’en com-
porte. que quelques observations; ils réalisent, quand la.
symptomatologie est complète, un tableau de sclérose com-
binée de la moelle analogue au syndrome de Lichtein décrit
dans l’anémie pernicieuse.
Ces cas complets ont été observés par Auersperg, dont le malade présentait, associés à des douleurs radiculaires de la base du thorax, des troubles de la sensibilité profonde et un syndrome pyramidal typique des membres inférieurs. Catola a observé un cas sensiblement analogue. Dans le cas que P. Chevallier a présenté à la Société d’hématologie, avec
Alajouanine, ce.tableau se compliquait, fait jusque-là non.
signalé, d’une atteinte de la corne antérieure se traduisant par-une atrophie.musculaire avec fibrillation de l’éminence thénar de la main droite.
Très souvent, d’ailleurs, la symptomatologie est moins
complète: Kaznelson rapporte l'observation d’un malade
chez lequel une abolition des réflexes achilléens, jointe à des troubles. de la sensibilité profonde, permettait d’accuser surtout une atteinte des fibres longues des cordons postérieurs. Ailleurs, ce sont les faisceaux pyramidaux qui sont les seuls touchés. Récemment, Merklen et Chaudre d’une part, d’autre part A.-C. Guillaume, ont rapporté de nouveaux exemples dé syndromes neuro-anémiques; dans deux
“ARE cas cités par ce dernier, le syndrome neurologique associé NE ÿ à la glossite avait précédé l’anémie. ù 1: 0(0
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Sous l’influence du fer à hautes doses, on peut voir ces : |
syndromes neuro-anémiques s’atténuer ou même disparaît.
tre : les cas d’Auersperg, de Catola et celui de notre malade |
| sont à cet égard particulièrement démonstratifs; cette amé = lioration, d’ailleurs, est loin d’être une règle absolue.