‹ Anémie Hypochrome Achylique essentielleChapitre 22 sur 44 · A) LES GLOSSITES LISSES DIFFUSES SANS ANÉMIE · texte numérisé non relu

A) LES GLOSSITES LISSES DIFFUSES SANS ANÉMIE

La constatation, en dehors de toute anémie, d’une glossite lisse diffuse exactement semblable (nous éliminons donc de ce groupe la glossite scléreuse diffuse de la syphilis tertiaire que caractérise son infiltration) à celle que nous avons décrite est un fait assez banal; on peut en schématiser ainsi la description clinique : il s’agit habituellement de femmes, d'âge moyen ou plus souvent âgées, porteuses de dentier, chez lesquelles la glossite, souvent méconnue d’ailleurs, s’associe volontiers à des fissures labio-commissurales et en règle à des troubles digestifs plus ou moins accentués qui ont attiré l’attention.

A l’origine de cette variété de glossite on admet, suivant les circonstances, le rôle de l’âge, l’action du dentier,

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en io La glossite dite du dentier.

Il est hors de doute que les pièces de prothèse mal adaptées sont susceptibles de déterminer des érosions douloureuses de la langue; peuvent-elles faire plus? La plupart des ouvrages de dermatologie insistent en effet sur l’aspect lisse de la langue des sujets porteurs de dentier et plus spécialement de dentier supérieur en caoutchouc durci; ce fait est d’ailleurs diversement interprété; ont été invoqués : l’action mécanique d’usure, l’action chimique de substances, mercure et soufre surtout, entrant dans la composition de ce caoutchouc, et même des phénomènes d’électrolyse.

En faisant porter notre étude sur un grand nombre de malades, il nous a semblé que l’action du dentier dans le déterminisme de cette glossite n’était pas suffisamment démontrée; en effet :

— des glossites analogues s’observent chez des sujets ayant une denture parfaite;

— tous les porteurs de dentier supérieur en eaoutchouc durci, il s’en faut, n’ont pas de glossite; beaucoup ont une langue absolument normale, malgré une édentation de plusieurs années;

— le port du dentier, enfin, n'empêche pas la repapillation de la langue quand celle-ci peut être obtenue, comme c’est le cas dans l’anémie hypochrome achylique, pas une thérapeutique interne.

Ces simples constatations nous paraissent suffisantes pour affirmer que le dentier ne saurait suffire, à lui seul, pour expliquer la glossite, et cependant un fait reste indubitable, la fréquence de leur coexistence : faut-il admettre que le dentier a favorisé la glossite, en usant mécaniquement une langue qu’une autre cause rend particulièrement fragile et apte à s’atrophier? Faut-il admettre, comme l’ont fait Mœrsch et Conner, Van Leuwen, Broekema, que, dans de nombreux cas, sinon dans tous, la fréquence de cette

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coexistence tient à ce que la glossite et l’édentation peuvent avoir une cause commune : les troubles trophiques portant à la fois sur la langue et les alvéoles dentaires? Nous ne saurions prendre parti dans cette discussion, faute de preuves convaincantes; un fait nous paraît certain : le dentier dans la glossite lisse n’a qu’un rôle restreint, sinon nul.

La glossite lisse dite « des vieillards ».

La glossite lisse des vieillards, lingua glabra senilis, est souvent, dans les anciens traités, assimilée à la calvitie sénile, bien que (Bénard, in Traité de Brocq) « rien ne justifie cetie comparaison ».

En reprenant, en effet, les arguments très simples dont nous nous sommes servi plus haut, on s'aperçoit que le facteur âge à lui seul ne peut tout expliquer :

— cette glossite lisse peut s’observer dès la cinquan-

-taine chez des sujets qu’on ne saurait considérer comme

des vieillards;

__ elle fait défaut chez beaucoup d’entre eux, comme nous avons eu l’occasion de le vérifier chez des malades d’hospices;

__ enfin, là encore, le grand âge n’est pas un obstacle à la repapillation dans certaines conditions.

Cependant, un fait reste : la fréquence relative de cet état lisse de la langue chez les gens âgés, et ceci nous amène à parler d’un certain nombre de constatations que nous avons faites dans ces glossites, appelées improprement à notre sens : glossites du dentier ou des vieillards.

1° Assez fréquemment, surtout chez les gens âgés, comme nous l'avons dit plus haut, la glossite est celle d’une anémie hypochrome achylique légitime et franchement ca-

ractérisée: le traitement ferrique institué amène une repa-

pillation rapide de la langue. DAS TRE

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