‹ Anémie Hypochrome Achylique essentielleChapitre 41 sur 44 · OBSERVATION — VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION — VII

KOÏLONYCHIE — ANÉMIE -—— HYPOCHROME — ACHLORHYDRIE par R. J. Weissembach, J. Martineau et W. Stewart

(Bulletin de la Soc. française de Derm. et Syphiligraphie, 10 mars 1937.)

M"° G.., 40 ans, sans profession, présente, depuis quelques années déjà, des altérations unguéales très particulières.

Elles se sont constituées, très rapidement, il y a 3 ans 1/2 environ, ceci sans aucune raison générale apparente, sans signes inflammatoires locaux. La malade ne peut guère donner dé précisions sur l’aspect de ces altérations à leur début; il y a un fait, par contre, sur lequel elle est affirmative : les altérations ont porté d'emblée et en même temps sur tous les ongles. Depuis le début, il n’y a pas eu de modifications notables : il existe cependant des périodes d'amélioration incomplète séparées par des périodes d’aggravation. Différents traitements locaux, essayés, ont échoué.

Examen le 26 février 1937.

Tous les ongles de la main sont atteints, mais inégalement; les altérations sont particulièrement nettes et faciles à étudier sur les deux médius : l’ongle, normal dans le tiers postérieur de sa longueur, commence à partir de cet endroit à devenir concave dans les deux sens, dessinant ainsi une véritable cupule déprimée qui paraît s’enfoncer dans le lit de l’ongle; cette apparence est encore renforcée par le relèvement brusque, à 45 degrés environ, du bord libre de l’ongle, qui forme ainsi avec la pulpe

digitale un angle ouvert en avant, et par le relèvement en pente

douce des parties latérales de l’ongle, dont les bords ainsi relevés, souvent épaissis, quittent leur rainure au milieu environ de leur longueur. La dépression centrale réalisée est telle qu’une voutte d’eau peut y être placée et y rester. A ces modifications de la forme s’ajoutent des modifications d’ailleurs discrètes de la substance unguéale : les lunules sont conservées, et l’ongle a gardé son brillant, mais il existe une exagération manifeste de la fine striation longitudinale de l’ongle, lequel est mou, fragile, de telle sorte que le bord libre, feuilleté, quelquefois franchement dédoublé est friable, cassant et finement crénelé. Les modifications des autres ongles sont exactement analogues, mais, en

EE

Des

général, moins marquées, elles paraissent constituer les stades de début de l’altération précédente : l’annulaire et l’auriculaire gauches même sont quasi-normaux. Sur presque tous les ongles, en outre, existent des bosselures, des reliefs transversaux qui, lorsqu'ils sont séparés les uns des autres par des dépressions également marquées (cas de l’ongle du pouce gauche) dessinent de véritables vagues. La peau ‘des phalangettes est normale : il n’existe ni eczéma, ni éruption d'aucune sorte; pas de périonyxis: le hourrelet unguéal est normal, ni rouge, ni chaud, ni tuméfié, ou douloureux. :

Le reste de l’examen ne montre aucune autre modification cutanée ou muqueuse : la malade n’a pas et n’a jamais été atteinte d’une affection quelconque de la peau. Pas d’altérations des autres annexes épidermiques. Ongles des orteils normaux.

Examen général : cœur normal; T. A. 11/6. Poumons normaux. Aucune altération apparente du système nerveux. L’examen de l’appareil digestif est absolument négatif : pas d’anorexie, digestions ét selles normales; la langue pâle comme le reste des muqueuses est un peu lisse sur les bords et à la pointe. Aucun trouble des règles. En somme, en dehors d’une myopie très ancienne, datant de 30 ans, la malade n’accuse aucun trouble de la santé; depuis 3 ou 4 ans cependant elle a fréquemment des

.palpitations, de l’essoufflement après la marche, des fourmille-

ments et des crampes dans les jambes : mais ces troubles, légers, ne l’ont pas alarmée et n’ont été découverts que par l’examen systématique. L'étude des antécédents n’a rien montré ‘de remarquable : mariée, cette femme a eu deux grossesses menées à terme, à l’âge de 26 ans et de 30 ans; pas de fausses couches. Rien à signaler dans les antécédents héréditaires ou collatéraux.

Etude biologique :

Sang : -urée, 0 gr. 40. B. Wassermann, Hecht, Kahn ont été à plusieurs reprises absolument négatifs.

GI. rouges: 3.985.000; Hg. 50; VG. 0,63.

GL blancs : 6.400. Poly Neutro, 55 %;. mononucléaires, 30 %3; monocytes, 15 %.

Liquide gastrique (après injection sous-cutanée de 1 milligramme d’Histamine).

HCI libre : 0 dans tous les échantillons. Acidité totale : pra-

tiquement nulle, la saturation étant obtenue par une ou deux gouttes déci-normale.

Urines: A, 0; G, ©. 4

Métabolisme de: base : 9 %, je

& rh AU as | ‘ ___ Étant donné l'existence de l’anémie hypochrome achlorhy- drique, la malade est soumise à partir du 1°” mars 1937 au trai- Dent ferri LORChA ; ; ARS

HA 3 = tement ferrique d'essai : 6 grammes de carbonate de fer « pro die », associé à la médication chlorhydrique : XX gouttes de la solution d’HCI officinal par jour. Le traitement depuis son insti- tution est très bien supporté; la malade est convoquée, tous les

rations unguéales. 2

15 jours, pour suivre l'effet de cette thérapeutique sur les alté-

Page 1