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tuberculeux, n’ont été vues que dans les exploitations infectées dans leur effectif bovin, porcin ou aviaire. Nous devons enfin reconnaître que nous n'avons jamais vu un cas de Tuberculose du cheval dans une exploitation indemne par ailleurs de Tuberculose.
Dans nos observations, rien ne vient à l’appui des déductions de notre Confrère allemand et tout semble au contraire prouver que les chevaux atteints d’Anémie Infectieuse qui ont réagi positivement à ses injections de Tuberculine étaient bien atteints en même temps de Tuberculose.
Il nous faut avouer cependant que quand, en février 1931, le Laboratoire National de Recherches nous a signalé avoir obtenu une déviation du complément en présence d’un antigène tuberculeux avec le sérum d’un poulain suspect d’Anémie Infectieuse, envoyé dans le but de savoir si ce sérum donnerait une floculation avec la solution de chlorure mercurique et nous a demandé de faire l'enquête devant leur permettre d'expliquer ce phénomène, notre surprise a égalé celle qu'ont éprouvée nos savants collègues du Laboratoire en voyant qu’un sérum de jeune cheval, pris au hasard pour remplacer un sérum indemne dont la provision s’épuisait, fixait l’alexine lorsqu'on lui ajoutait les corps morts de bacilles de Koch.
OBSERVATION IV (Exploitation C..., à Z...)
C'est de cette ferme que provient le sérum du poulain dont il est question ci-dessus. Elle comprend six chevaux et neuf bovins.
Nos investigations nous ayant prouvé que l’étable n'était pas exempte de Tuberculose, nous avons envoyé au Laboratoire un nouveau prélèvement de sang du poulain suspect
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et du sang de deux chevaux de l'écurie. Cette fois encore la réaction de Fulton a été positive et la déviation du complément a confirmé, le 23 avril 1932, celle faite en février.
Nous avons suivi ce poulain en chacun de nos passages dans son village, mais nous avons été obligé de le perdre de vue de mai, date de son départ pour le parc, à septembre, époque à laquelle son propriétaire a consenti à nous le laisser tuberculiner. La réaction à la tuberculine a été positive, bien que moins marquée que d’autres qu'il nous a été donné de voir.
En novembre 1932 enfin, ce poulain a fait brusquement une forte hyperthermie. La température a atteint 40°8 en même temps que des troubles généraux graves, semblables à ceux observés dans l’Anémie, faisaient craindre une mort rapide. Les symptômes alarmants n’ont duré que quelques jours et aujourd'hui, 25 décembre 1932, le poulain a repris toutes les apparences de la santé, sans qu'il nous ait été possible de préciser la cause des troubles constatés.
Les deux autres animaux de l’ecurie dont le sang avait donné une réaction de Fulton positive, ont bien prouvé par leur auscultation et par leur aspect au travail qu'ils n'étaient que des blanchis à l'égard de l’Anémie Infectieuse, mais ils n'ont donné aucune réaction qui puisse faire croire à de la Tuberculose.
IV. — Anémie infectieuse et tuberculose peuvent-elles coexister chez le même cheval
Les observations déjà nombreuses faites par plusieurs Vétérinaires, notamment aux Abattoirs de Brancion, en Allemagne et tout récemment à l'Ecole d’Alfort, prouvent que des chevaux provenant de régions où l’Anémie Infectieuse fait de grands ravages et ayant présenté durant leur
vie, ou tout au moins dans les semaines qui ont précédé leur mort naturelle ou leur abatage, des symptômes typiques permettant de les croire aîiteints d’Anémie Infectieuse, ont révélé, par leur autopsie, des lésions indiscutables et caractéristiques de Tuberculose.
Aucun de ces observateurs n’ont malheureusement, tout au moins à notre connaissance, tenté de prouver par l’inoculation au cheval sain du sang de ces animaux tuberculeux et suspects d’Anémie Infectieuse la coexistence sur le même sujet des deux maladies qui nous occupent. Interprétant dans un tout autre sens que notre Confrère allemand les réactions positives à la tuberculine enregistrées sur des chevaux suspects d’Anémie Infectieuse dans une région connue pour être sévèrement infectée par cette maladie, nous n'hésitons pas à admettre que ses observations infirment ses déductions et prouvent au contraire la coexistence sur les mêmes individus des deux affections depuis que nous aussi, dans une zone très limitée, nous avons enregistré dix-sept déviations du complément positives dans des écuries connues pour avoir été durement frappées par l’Anémie Infectieuse.
Dans ces exploitations, la Tuberculose a été observée de façon certaine chez les bovins qui, s'ils n’ont pas vécu toujours en contact étroit avec les chevaux, ont pu les contaminer directement par les abreuvoirs ou les mangeoires et surtout par les poules qui vivent tour à tour sur les fumiers et les aliments.
Dans toutes ces fermes, les sondages par tuberculinations et déviation du complément ont révélé l'existence de la Tuberculose que les autopsies ont confirmée dans la plupart des cas.
Ne pouvant, dans la crainte de nous répéter, décrire toutes les observations qui nous ont montré la Tuberculose du cheval et l’Anémie Infectieuse dans les mêmes écuries et chez les mêmes chevaux, nous devons nous borner à relater deux des cas qui nous ont paru les plus typiques.
GHIER
OBSERVATION V (Exploitation B..., à P...)
Le cheptel comprend quatre chevaux et sept bovins (cinq vaches et deux génisses).
Pendant cinq ans, étant seul Vétérinaire traitant dans ce village de P..., nous n'avons eu aucune occasion d’intervenir dans cette exploitation où les chevaux travaillent fort en tous temps, consacrant les répits que leur laisse la culture à des charrois pénibles en forêt.
Pour la première fois, en 1928, nous avons été appelé pour soigner un cheval qui maigrissait fort sans qu’à l’examen clinique il nous ait été donné de constater des troubles organiques graves. Un nivellement dentaire et un vermifuge ont paru ramener la santé.
Mais l'amélioration n’a été que passagère. L'âge avancé de l’animal, les tares de ses membres nous ont fait ne pas hésiter à conseiller son utilisation pour la boucherie. L’animal, sacrifié à Nancy, n’a fait l’objet d'aucune saisie de la part du Confrère qui inspecte l’abattoir de cette ville.
En octobre 1929, un deuxième cheval de l'exploitation est pris de coliques en forêt. Ramené péniblement à la maison, distante de quatre kilomètres, il ne tarde pas à succomber malgré nos soins. L’autopsie nous a montré que ce cheval, âgé de quatorze ans, en mauvais état d’entretien, avait, outre les lésions habituelles de la congestion intestinale, un foie démesurément volumineux et des reins très altérés.
En mai 1930, appelé pour une vache qui n'avait pas délivré, nous profitons de notre passage pour examiner les chevaux de l'exploitation. Ils sont maigres, paraissent très fatigués. L'un notamment, Bijou, qui présente une forte incision de la langue, est dans un état voisin de celui de la cachexie. Nous prescrivons des toniques et recommandons une grande diminution du travail.
Ce cheval Bijou ne se remet pas et en août 1930, sans nous en avertir, son maître s’en débarrasse pour l’équarissage.
En juillet 1931, les chevaux partis ont été remplacés, mais les nouveaux venus, assez bien portants au moment de leur achat, ne tardent pas à dépérir. Pourtant la ration nous paraît suffisante et bien équilibrée. Le travail n’est plus ce qu'il était au cours des années précédentes. L’essouflement, les troubles cardiaques, les engorgements des membres inférieurs chez deux d’entre eux font craindre l’Anémie Infectieuse. Le sang de ces animaux est filant, donnant au bout d’un quart d'heure un très faible caillot rouge. La réaction de Fulton est, pour trois d’entre eux, positive au cent millième. Elle ne l’est pour le quatrième qu'avec les solutions de chlorure mercurique supérieures à soixante millième.
Les chevaux mis au parc toute la journée, sauf pendant les quelques heures d’un travail imposé par les besoins de la ferme, semblent pour l'entrée de l’hiver avoir encore une fois surmonté leur mal. Mais en Juin 1932, un cheval de cinq ans, à la maison depuis dix-huit mois, meurt après huit jours de maladie, ayant présenté un Fulton positif et une déviation du complément positive lors de la recherche de la Tuberculose. Le cadavre, emporté par l’équarisseur avant notre arrivée n’a présenté, tout au moins au dire de celui-ci, que les lésions habituelles de l’Anémie (cœur énorme, foie volumineux, reins hypertrophiés et dégénérés, rate gonflée, mais guère plus grosse que celle des autres chevaux autopsiés habituellement dans ce clos).
Le 7 Juillet 1932, une prise de sang est faite aux trois chevaux qui restent dans l’écurie. Après repos, ces sangs donnent des caillots rouges très petits (un quart à peine de la masse totale), tandis que les caiïllots blancs sont relativement importants. La réaction de Fulton est positive. La déviation de complément à l'égard de la Tuberculose est positive pour les chevaux « Baptiste », # ans, et « Favori », 6 ans, tandis qu'elle est négative pour « Negro », 15 ans,