‹ Anémie Infectieuse et Tuberculose du ChevalChapitre 4 sur 16 · D ES · texte numérisé non relu

D ES

a fait admettre non plus la possibilité de l'identité d’origine de l’Anémie Infectieuse et de la Tuberculose, non plus la non spécificité de l’anticorps tuberculeux, mais la coexistence dans la même écurie et sur les mêmes individus de l’Anémie Infectieuse et de la Tuberculose. A cette démonstration, nous avons voulu nous attacher et avec les faibles moyens dont nous disposions ; mais, heureusement dirigé et secondé par nos Maîtres du Laboratoire National de Recherches, nous nous sommes efforcés de dépister dans notre clientèle, qui va de la banlieue d’Epinal à la petite ville illustrée par Barrès, d’abord les écuries atteintes d'Anémie Infectieuse, ensuite parmi ces écuries celles qui avaient des chevaux suspects de Tuberculose, présentant des lésions ou ayant des réactions devant faire croire à l’existence de la Tuberculose.

Dans cette tâche, nous nous sommes heurtés à de très grosses difficultés, car si le diagnostic de l’Anémie Infectieuse, quand elle se présente sous la forme aiguë, est relativement facile, il devient autrement compliqué dès qu'il se propose de déceler la forme chronique de la maladie.

Si la Tuberculose chez les bovins, malgré les réserves faites par certains savants, est facilement reconnue en clientèle par la simple injection de Tuberculine, que nous, praticiens, nous tenons à considérer, de fait ou de volonté, comme infaillible, il n’en est pas de même chez le cheval. Nos moyens d'investigation se trouvent aussi souvent contrariés par l’incompréhension des cultivateurs persuadés, comme nous l’étions nous-même, il n’y a pas si longtemps, de la rareté, pour ne pas dire de la presque non existence de la Tuberculose équine.

Pour asseoir nos observations sur des bases aussi sûres que possible, nous avons cherché à utiliser toutes les ressources, malheureusement encore imparfaites que nous donnent la clinique et le Laboratoire, essayant, très souvent en vain, ilest vrai, de recourir à des méthodes comparables ou parallèles pour arriver à nos conclusions,

Pour bien prouver notre volonté de bien faire et surtout d’être exact, nous n'hésiterons pas à décrire un peu longuement les modes d'examens systématiquement employés dans chacun des cas étudiés.

Note but a été de dépister, dans une zone donnée, comprise dans notre clientèle, et choisie sciemment, comme nous le justifierons plus loin, les écuries atteintes d’Anémie Infectieuse pour, dans ces foyers, déceler ensuite les cas de Tuberculose.

La logique serait de décrire tout d’abord les méthodes qui nous on fait attribuer à l’Anémie les symptômes primitivement observés pour lensuite dire comment nous avons essayé de tiouver dans ces cavaleries contaminées les sujets atteints de Tuberculose. Mais il nous a paru plus facile de nous arrêter d’abord à la recherche d’un diagnostic précis, sans défaillance appréciable, comme peut l’être celui de la Tuberculose, pour étudier ensuite par des procédés du même ordre les symptômes, les réactions et les lésions qui, par leur ensemble, nous font conclure à l’Anémie Infectieuse sans recourir au seul procédé scientifique sûr qu'est l'inoculation du sang d’un malade à un cheval bien portant.

Diagnostic de la Tuberculose du cheval

Jusqu'à ces dernières années, la Tuberculose du cheval était considérée comme une rareté. Le praticien qui la connaissait ne l'avait rencontrée que comme une trouvaille d’autopsie, sans que des symptômes précis lui aient permis de la diagnostiquer sur l’animal vivant.

Toujours dans ces cas, la Tuberculose avait affecté une forme discrète, évoluant lentement, affectant le caractère chronique et ne prenant que très exceptionnellement et

seulement dans la courte période qui précède la mort la forme aiguë ou subaiguë.

Chez le cheval, en effet, comme chez le bovin ou chez l’homme, la Tuberculose peut avoir une évolution brutale ou lente, mais si la manifestation chronique nous a paru jusqu'en ces derniers mois une rareté, la forme aiguë nous a semblé si exceptionnelle que nous n’y croyions que depuis qu’on nous a rapporté la relation d’une bacillémie si envahissante que la rate du malade avait atteint un poids dix fois supérieur à celui de l’organe sain. En ces derniers mois, on nous a fait voir aussi de volumineuses proliférations trouvées sur l’endartère du cheval en un point si voisin des oreillettes que la lésion semblait pénétrer en elles. La plupart des ganglions de cet animal étaient envahis par les bacilles de Koch, très facilement décelables avec la simple coloration de Ziehl.

D'ailleurs, dans ces deux cas de Tuberculose aiguë, qui ont entraîné très rapidement la mort des malades, il semble bien que la forme aiguë n'ait fait que compliquer la forme chronique de la maladie.

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