CHAPITRE PXEMIER
Il y a quelques années, un savant allemand, pratiquant des tuberculinations intra et hypodermiques sur des chevaux atteints d'Anémie Infectieuse ou présumés tels, avait fini par croire que jes réactions positives, obtenues avec cette injection diagnostique d’une maladie typique, permettaient de déceler l’Anémie Infectieuse. Voulant voir dans la méthode qui se propose la recherche d’un anticorps spécifique et qui, jusqu'à ce jour, ne devait que prouver l'existence de la Tuberculose, une façon inédite et heureuse de reconnaître l’Anémie Infectieuse, 1l n’hésita pas à bouleverser les connaissances admises sur la spécificité des anticorps par rapport à leurs antigènes correspondants.
Il est vrai que, si ce chercheur a rencontré dans un milieu équin, considéré jusqu'alors comme indemne de Tuberculose, des preuves de l'existence d’anticorps tuberculeux aussi nombreuses que celles que nous ont fourni sur le cheval des tuberculinations et des déviations dé complément à l’aide d'anticorps tuberculeux dans la région des Vosges qui va des bords du Madon à ceux de la Moselle, il était en droit d’être surpris. Il pouvait se demander, au premier moment, si vraiment : 1° les anticorps tuberculeux étaient bien, comme le schématisait si élégamment notre Maître, le Professeur Vallée, en son cours à l'Ecole d’Alfort, la clé de sûreté capable d'ouvrir la
seule serrure correspondante qu'est l'antigène tuberculeux? ou si: 2° le virus de l’Anémie Infectieuse ne serait pas, chez le cheval, une forme filtrante du bacille tuberculeux ?
Nous devons avouer que ces constatations troublantes, observées au début, tout à fait par hasard, nous ont poussé nous aussi à nous poser les questions déconcertantes interprétées si différemment par notre collègue allemand.
Au point de vue philosophique, il est permis d'établir un véritable parallélisme entre l’Anémie Infectieuse et la Tuberculose, maladies à forme aiguë ou chronique et débutant par des symptômes similaires. Toutes deux agissent à peu près de la même façon, affectant l’étable ou l'écurie. Elles sont d’abord discrètes et soudainement, sans cause macroscopique appréciable, elles ont des réveils d’une acuité terrible qui se traduisent par la mort d’un ou plusieurs individus avant de reprendre, sans qu'on sache pourquoi, une forme léthargique.
Nos paysans, dont l'esprit d'apparence frustre cache généralement un grand sens d'observation, ont coutume, dans nos campagnes vosgiennes, de comparer la Tuberculose, si fréquente chez la vache, à l’Anémie Infectieuse qui si souvent a dépeuplé l'écurie.
Mais, jusqu'à ce jour, ou tout au moins jusqu’à la publication des travaux du savant confrère germain, on ne voulait voir aucun rapport entre ces deux maladies et même, n'osant envisager les véritables déductions qui auraient dû s'imposer à la suite de ces observations, le Vétérinaire de l’autre côté du Rhin a préféré échafauder une hypothèse complexe plutôt qu'envisager la solution logique qui s’imposait.
La relation de nombreux cas de Tuberculose du cheval, qui nous a été faite à la suite de conversations avec nos savants confrères du Laboratoire des Recherches, qui nous ont cité les observations curieuses faites tant à la clinique de l'Ecole Vétérinaire d’Alfort que dans quelques écuries qu'ils surveillent avec l’aide de camarades praticiens, nous