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Anesthésie régionale

L'anesthésie localisée est un état particulier d'analgésie consistant en une véritable dissociation de la sensibilité ; les sensations ■douloureuses sont abolies, tandis que les autres persistent.

Le produit employé a, d'abord, été la coca'ine; découverte par KOLLER. Cet alcaloïde peut anesthésier indifféremment les terminaisons nerveuses sensitives ou réaliser la section physiologique du nerf injecté sur un point quelconque de son trajet. En France, c'est RECLUS qui en a généralisé l'emploi dans la chirurgie courante ; mais la grande toxicité du produit ne lui permettait pas d'atteindre des doses élevées ; or, beaucoup d'opérations faites aujourd'hui à l'anesthésie locale seraient impossible avec les quantités aussi faibles qu'employait RECLUS.

Pour diminuer la toxicité FOURNEAU créa la stovaïne ; puis successivement apparurent la novoca'i'ne (produit allemand) et la néoca'i'ne {produit français). Ce dernier, comme la novocaïne, est 10 fois moins toxique que la cocaïne

En France, le nom de RECLUS restera hé à l'anesthésie localisée dont il fut toujours l'apôtre convaincu.

Pendant longtemps, RECLUS fut le seul à pratiquer ce mode d'anesthésie. Sa méthode dite par infiltration n'avait pas dépassé sensiblement la petite chirurgie ; pendant ce temps les chirurgiens belges et allemands s'en servaient de plus en plus et faisaient réaliser de très grands progrès à l'anesthésie localisée.

Le jour ovi SICARD, pour produire la cure des névralgies du trijumeau, fixa les troncs nerveux avec de l'alcool, il découvrit l'anesthésie régionale dont les chirurgiens se servent actuellement.

C'est notre maître VICTOR PAUCHET (d'Amiens) qui vulgarisa en France ce nouveau mode d'anesthésie locahsée. En 1914, il fit paraître, en collaboration avec son assistant P. SOURDAT, ancien interne des hôpitaux de Paris « l'ANESTHÉSIE RÉGIONALE». Cet ouvrage est le résumé de sa pratique journalière d'abord à Amiens, puis à Paris, à l'hôpital de la Pitié et à l'hôpital militaire du Louvre. Une édition 1917 vient de paraître. Alors qu'elle était sous presse, nous l'avons eue en mains, ce qui nous a permis d'y faire de larges emprunts.

L'anesthésie régionale réalise la « section phj/siologique « des nerfs qui animent le champ opératoire ; cette anesthésie à distance rend superflue toute infiltration des tissus sur lesquels on intervient.

Restant quelquefois associée à la méthode de RECLUS, l'anesthésie régionale en diffère totalement; grâce à elle, le domaine de l'anesthésie locale s'est élargi au point de détrôner le chloroforme et l'éther dans 80 % des cas.

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