‹ Anesthésie régionaleChapitre 4 sur 20 · INCONVÉNIENTS · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS

1° L'anesthésie régionale nécessite une éducation spéciale.

C'est exact. Mais cette éducation s'acquiert très vite si l'on a soin de faire quelques exercices sur le squelette et le cadavre. Personnellement, au bout de deux heures d'entraînement à l'Ecole Pratique, nous sommes arrivés à injecter dans les trous sacrés une solution d'encre de Chine ; les nerfs, comme nous avons pu nous en rendre compte par la dissection, avaient tous été touchés par le liquide.

2° L'anesthésie n'est pas suffisante. Il peut arriver, en effet, que le malade se plaigne pendant l'opération ; cela tient quelquefois au manque d'entraînement ou à l'ignorance de l'anatomie de la région; le plus souvent la souffrance est imaginaire ; il y a des malades qui, d'avance, ont décrété qu'ils souffriraient, d'autres confondent la sensation de contact avec la douleur. Ce sont, évidemment, de mauvais sujets, mais combien sont-ils, dans la narcose, qui dorment mal. En réalité, " sur 20 opérations, 12 anesthésies sont parfaites, 7 sont suffisantes pour que l'opération soit achevée sans narcose ; ici le malade se plaint tout en se déclarant satisfait finalement ; une fois sur vingt, l'anesthésie est insuffisante » (PAUCHET et SOURDAT) Néanmoins, même dans ce dernier cas, quelques gouttes de chlorure d'éthyle suffisent pour mener à bien l'intervention.

Et maintenant, il faut bien dire que toute la chirurgie ne peut se faire jusqu'ici, à l'anesthésie régionale ; si la majorité des opérations est de son domaine, il en est pour lesquelles la narcose garde sa supériorité, notamment dans le cas où le champ opératoire est desservi par des nerfs difficiles à atteindre. Nous espérons cependant que ces cas deviendront de plus en plus rares, à mesure que la techni(|ue se perfectionnera.

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