INSTRUMENTATION
2 seringues ; 4 aiguilles ; des solutions anesthésiques différemment titrées.
Une des seringues, du volume de 3 cmc, est en verre; l'autre, à armatures métalliques, munie d'ailettes, mesure 10 centicubes. Seringue de Collin ou de Corbière.
Les aiguilles doivent être de quatre longueurs : 3, 6, 9, 12 cm. Elles seront très pointues à biseau court ; celle de 3 cm sert à faire les
« boutons d'infiltration intradermique »; plus elle est fine, mieux cela vaut ; les deux autres employées dans la majorité des cas, seront nécessairement un peu plus grosses ; on a rarement recours à celle de 12 cm. cependant chez certains obèses et dans la présacrée, elle est indispensable ; son diamètre devra être celui d'une aiguille à ponction lombaire.
On pourra employer des aiguilles en platine, en acier ou en nickel ; toutes ont des avantages et des inconvénients. Notre maître V PAUCHET se sert d'aiguilles en acier.
Comme anesthésique à l'hôpital militaire du Louvre, nous utilisons le produit « néoca'i'ne-surrénine » en solution dans un sérum physiologique isotonisant.
NÉOCAINE-SURRÉNINE. La néocaïne-surrénine est un complexe constitué, pour les 9/10, par un principe anesthésique, le chlorhydrate de paraamidobenzoyldiéthylaminoéthanol ; le i/io restant comprend une combinaison stable d'adrénaline pol^'valcnte associée à un excipient spécial dont les propriétés tendent à déterminer, en même temps qu'une action tonique sur le cœur, la stimulation de l'action phagocytaire des leucocytes, une augmentation légère de la pression artérielle et une diffusion plus active de r anesthésique.
La néocaïne-surrénine agit plus rapidement cjue la novocaïne. L'anesthésie qu'elle fournit est très profonde et plus prolongée que l'anesthésie cocaïnitiue : elle dure de trente minutes à une heure et demie.
Huit à dix fois moins toxique que la cocaïne, la néocaïne surrénine ne provoque pas d'anémie cérébrale : elle est vaso-constrictive et toni-cardiaque. Sa faible toxicité s'explique par le fait qu'elle n'exerce pas d'action dépressive sensible sur racti\-ité leucocytaire.
Tube
de 20 gélules
de gr 05
fi 1
ÇENTICUBEjl
Tube
de 2 gélules
de gr. 50
NÉOCAI NE-SU RRÉNIME Préparation extemporanèe des solutions stériles
L'anesthésique contenu dans les gélules E est introduit, au moment du besoin, dans les ampoules-matras de sérum isotonisant S. La dissoUition est instantanée.
Fir,. I
Si l'injection est faite aseptiquement, elle ne produit aucune irritation locale.
Titre des solutions. Dans la majorité des cas, on se sert de solutions au 1/200, au i/ioo et au 1/50 (Solutions faible, moyenne et forte de V. PAUCHET). Nous injectons jusqu'à 300 centicubes de la première, mais il faut être prudent avec la solution au 1/50 et s'imposer de ne jamais dépasser la dose de 50 centicubes. Il est facile de préparer extemporanément les solutions, en dissolvant
!-i — , >- i =t£;^.;| si^on le titre désiré, le contenu/d'une ou plu- [ i ^W? sieurs gélules à gi. 50 de néo- s
caïne-surrénine dans 100 centi- (~ubcs de sérimi isotonisant stérilisé {voir I^^'iG. i). On obtient ainsi le maximum d'effet anesthésique. On peut aussi, plus économiquement, dissoudre les doses convenables de l'anesthésique dans 100 ce. d'eau distillée froide ou, mieux, de sérum chloruré à 3 0/0. Stériliser ensuite par tyndallisation à 60-65°. Enfin des solutions prêtes pour l'emploi existent dans le commerce.
RACHI-NÉOCAINE. Une préparation spéciale de néocaïne pure, sans adrénaline, porte le nom de Rachi-Néocaïne extemporanée.
Elle est présentée en deux ampoules stérilisées (FiG 2 et 3). L'une, en forme de matras (E FiG. 2), contient l'anesthésique en poudre, l'autre (S FiG. 2), deux centimètres cubes de sérum isotoaisant spécial.
FiG. 2
NÉOCAINE-SURRENINE Solutions stériles prêtes pour l'emploi. Conservation de longue durée
Fin. 4
Au moment de l'emploi (fig. 3), on verse le contenu de l'ampoule S dans l'ampoule contenant la poudre P; la dissolution est immédiate et fournit deux centicubes de solution à 4 0/0 de néocaïne pure présentant les meilleures conditions d'acti\'ité. C'est la préparation classique pour la Rachianesthésie.
UROCAINE. Depuis quelques mois, V. PAUCHET fait usage de sels anesthésiques de quinine (Urocaïne) qui, sans aucun riscjue de toxicité, augmentent la dose maniable d'anesthésique et suppriment pendant plusieurs jours la douleur post-opératoire. Ils sont à recommander pour les hémorroïdes, les résections osseuses, les anesthésies viscérales et généralement pour toutes les opérations aux suites douloureuses.
L'urocaïne se trouve dans le commerce en ampouies de 30 centicubes et de 100 centicubes contenant, toute préparée, la solution au i/ioo prête pour l'emploi.
On peut dire que si l'urocaïne est l'anesthésique par excellence des tissus de formation ectodermique, la néocaïne-surrénine convient surtout au mésoderme. Il n'y a aucun inconvénient à injecter des doses massives d'urocaïne : elle n'est pas toxique.