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CHAPITRE I

L'ACIDOSE EN CHIRURGIE

Le coefficient d’acidose que nous avons ainsi défini et caractérisé nous apparaît comme un moyen sensible et précis de dépister et de mesurer les troubles de la nutrilion pouvant survenir après tout acte chirurgical.

Parfois le choc opératoire, intoxication anesthésique, agissant sur un organisme que le jeûne préopératoire a mis en état de moindre résistance, peuvent provoquer des troubles cliniquement caractérisés : lintoxication de l'organisme par les produits acides mis en hberté se manifeste alors par des symptômes de gravité différente. Ce sera au début une période d’excitation caractérisée par de l'élévation de tension sanguine et par une fréquence plus grande du pouls et des mouvements respiratoirés (Tappeimer). A ceci viennent s'ajouter l'agitation, l’insomnie, la céphalée, les vertiges. L'anorexie est constante. À un degré plus élevé apparaissent le hoquet,

les vomissements, le délire. Puis survient la phase de

dépression : asthénie, faiblesse musculaire, abolition des

LHOONEE

réflexes, abaissement de la pression sanguine ; la respiration et le pouls diminuent de fréquence, la température baisse de façon continue. C’est le coma, puis la mort.

Mais bien souvent l'apparition des acides anormaux dans le milieu intérieur ne se manifeste pas de façon aussi tangible. Le foie, suffisant, permet leur saturation par l’ammoniaque soustraitau métabolisme uréogénique. L'acidose ne sera alors décelable que, par l'analyse des urines. La recherche de la formule urinaire et la détermination du coefficient d'acidose nous donneront alors une appréciation exacte du choc que l'organisme aura éproûvé.

Déjà Chauvin et OEconomos avaient recherché quelles étaient les variations de la formule urinaire et du coefficient de Maillard modifié par Derrien chez les opérés et les anesthésiés. Leurs recherches, établies sur de nombreux dosages pratiqués sur les urines d'opérés -de tout ordre, les avaient conduits aux conclusions suivantes :

€ 1° L'opération, pratiquée dans les conditions habituelles de la clinique, entraine des troubles urinaires de deux ordres : A) Augmentation légère et quelquefois inconslante de tous les produits azotés, traduisant une usure exagérée de la molécule albuminoïde ; B) Acidose presque constante el le plus souvent très marquée, se traduisant par une augmentation de l'ammoniaque, de l'acidité brute, de l’acétone, du coefficient de Maillard, et jetant dans le torrent circulatoire une quantité de produits toxiques.

» 2 Ces troubles s'observenl indifféremment,quel que soit l’anesthésique employé et quelle qu'en soit la dose, qu'il s'agisse d'anesthésie générale, de rachianesthésie, d’anesthésie locale à la cocaïne,

ca A VE » 3 Ils ne sont pas observés après la rachianesthésie sans opération el sans diète.

» 4° Ils se présentent avec la plupart de leurs caractères après le simple jeûne sans anesthésie ni intervention chirurgicale.

» 5° Ils sont atténués dans des proportions considérables si, toutes choses égales d’ailleurs, le malade absorbe 150 gr. de glucose la veille de l'opération et pendant les trois jours suivants.

:» 6° Nous en avons conclu qu'il étaient dus pour une grande part au jeûne pré el post-opératoire ; qu'au choc opératoire et au choc anesthésique il faut ajouter le choc diététique.

» 7° Que, pour éviter leurs conséquences toxiques, 1l fallait rejeter ce régime diététique el le remplacer par une alimentation rationnelle, riche en hydrates de carbone. »

Les résultats que nous avons obtenus diffèrent quelque peu des conclusions exposées ci-dessus. Nous nous sommes placé dans des conditions expérimentales différentes. Nos opérés ont subi jusqu'au jour de lintervention un régime alimentaire normal. Nous nous sommes efforcé ainsi de diminuer dans la plus large mesure le choc diététique qui aurait pu masquer le rôle joué par le choc anesthésique dans l'apparition de l'acidose postopératoire.

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