‹ Anévrismes latents de la crosse de l'aorteChapitre 10 sur 56 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Douleur.

La douleur est très fréquente dans les anévrismes thoraciques et elle peut revêtir toutes les formes. En lisant les observations, on est frappé de la diversité de ce symptôme ; et, comme il est fréquent dans bon nombre d’affections, il semble au premier abord qu'on ne doive pas lui attacher une bien grande importance. Elle ne manque jamais, disait Gendrin: et il semble probable en effet que tout anévrisme a eu sa période douloureuse, mais plus ou moins nette, plus ou moins caractéristique, si bien que ce signe, malheureusement si commun, peut passer inaperçu ou tout au moins être mis sur le compte d'une tout autre affection.

Elle peut être incertaine et fugace, disait Stokes, et on réussit souvent à la faire disparaître pendant un certain temps par des procédés très simples ; elle peut, au contraire, être extrêmement tenace, constrictive, fixe, résister à tous les moyens detraitement

employés; elle acquiert alors sa plus haute valeur séméiologique.

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Enfin, elle peut être angoissante, angineuse, ressembler soit à de l'asthme bronchique, soit à de l’angine de poitrine s’accompagnant de paroxysmes intenses, violents, quelquefois mortels.

M. Huchard, qui a beaucoup insisté sur la valeur de cette douleur, a rapporté plusieurs observations fort instructives où elle avait été pour lui le signe révélateur précoce d'un anévrisme latent. Un de ses élèves, Milanoff, l’a bien étudiée dans ses rapports avec l’anévrisme de l'aorte descendante. C’est donc un sujet bien connu; et nous ne pouvons nous dispenser de rapporter ici ce que M. Huchard dit dans son traité des maladies du cœur et des vaisseaux. « Une lésion à invoquer, c'est la médiastinite chronique capable de déterminer, même dans les cas rares de guérison spontanée des anévrismes, et après elle, des douleurs remarquables par leur violence, leur persistance, leur résistance à tous les moyens thérapeutiques. Il y a donc une distinction clinique très importante à établir entre les douleurs anévrismatiques par simple compression, c'est-àdire par refoulement, et celles par enserrement. Les premières diminuent d'intensité et disparaissent souvent quand la tumeur jusque-là intrathoracique vient à apparaître au dehors ou encore quand elle change de direction ; les secondes persistent même dans ces conditions. Celles-là sont de simples névralgies pouvant disparaître momentanément dans certaines attitudes prises par le malade; celles-ci, dues souvent à des névrites, ont un grand caractère de fixité, ne se modifiant ni par la rétraction du sac, ni

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