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par son extension dans d’autres points, ni par les changements d'attitude du patient, ni par les médicaments antinévralgiques. Le siège est extrêmement variable ; sans doute on peut croire pendant de longs mois à un simple rhumatisme de l'épaule, à une névralgie intercostale rebelle, à une névralgie thoraco-brachiale ; mais en analysant bien le symptôme, on peut et on doit arriver souvent à dépister l’anévrisme, parce que l'on ne tarde pas à s'apercevoir qu'il ne s’agit pas de réelles névralgies avec tous leurs habituels sièges d'élection douloureux. »
A l'Académie de médecine, en 1901, M. Huchard ajoutait : « Lorsqu'on est en présence d'accidents douloureux, remarquables par leur opiniâtreté et leur longue durée, par leur intensité anormale, quand ils demeurent inexpliqués, lorsqu'ils ont résisté à toutes les médications habituelles, enfin quand ils présentent des caractères insolites (comme leur fixité dans un endroit déterminé, et surtout la possibilité de leur diminution ou de leur exagération par certains changements d’attitude des malades), alors il ne s'agit pas de douleurs simplement névralgiques comme on le croit trop souvent ; on doit voir là un signe de probabilité en faveur de l’anévrisme ; et si aucune tumeur nest encore perceptible, l'épreuve de la radioscopie devra être tentée pour arriver au signe de certitude. Sans doute cette certitude ne sera pas complète, parce qu'il s'agira encore de savoir la nature de la tumeur du médiastin ; mais sur l'image radioscopique, on peut déjà voir les mouvements expansifs de l'anévrisme et il convient de toujours
se rappeler que de toutes les tumeurs intra-thoraciques, ce sont les anévrismes qui donnent lieu à ces sortes de douleurs très caractéristiques, fort intenses, parce qu'elles se produisent par le mécanisme d'une sorte de, martèlement ininterrompu. »
La valeur diagnostique de la douleur ne fait plus de doute pour personne, et nous avons pu la contrôler plusieurs fois. Dans l'observation suivante, c'est grâce à elle que le diagnostic a été porté.
Il s'agissait d’un malade de soixante ans ; depuis : neuf mois, il souffrait de maux de tête, en même temps que de douleurs à l'épaule gauche et de troubles digestifs; ce sont ces derniers qui avaient surtout attiré l'attention des médecins qui l'avaient vu jusqu'alors ; on lui avait conseillé du bicarbonate de soude et des régimes, sans amélioration sensible. — C'est à ce moment que M. Destot vit le malade. Il fut immédiatement frappé par les caractères de cette douleur à l'épaule gauche, fixe et intense ; il rechercha quelques autres signes d'anévrisme, les trouva, et plaçant son malade devant l'écran, il découvrit une poche anévrismale, nettement animée de battements. M. Destot voulut bien nous faire prévenir et nous présenta le malade dont voici l'observation.