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Les autres auteurs sont moins affirmatifs. M. Griffon, à la Société anatomique, en 1899, attirant l'attention sur l'absence d'hypertrophie du ventricule gauche, ajoute : « On n’est pas assez affirmatif sur ce point; on admet que dans l’anévrisme de l'aorte le cœur est tantôt normal, tantôt hypertrophié. En réalité, l’augmentation d'épaisseur de la paroi ventriculaire gauche est régie par une loi formelle, il nya d'hypertrophie que lorsqu'on constate en même temps une lésion telle qu'une insuffisance aortique ou une néphrite atrophique. C’est à cette conclusion qu’on arrive fatalement si on compulse les observations d'anévrismes aortiques présentées dans ces dernières années à la Société anatomique ; c’est également ce qui se dégage d’une récente discussion à la Société médico-chirurgicale de Londres. »
De même M. Huchard fait une distinction entre les anévrismes primitifs pour ainsi dire avec cœur normal et ceux qui sont liés à de l’artério-sclérose généralisée et avec lesquels on peut trouver de l’hyÿpertrophie du cœur.
A cette question de l’hypertrophie du cœur se rattache en partie la question de la tension du pouls, mais en partie seulement. Les phénomènes irritatifs de l’aortite, sur lesquels a insisté M. Teissier, ont disparu souvent quand l’anévrisme s'est développé.
L'augmentation de pression, si elle existe dans l’ané-
vrisme, peut être due soit à de l’aortite, soit à de l'hypertrophie du cœur. Cliniquement, il sera impossible de faire la part de chacun de ces deux facteurs.
Ce n’est pas à nous à trancher cette question;
disons seulement que chez Îles malades dont nous rapportons les observations nous n'avons Jamais trouvé de signe d’hypertrophie ni d'impulsion forte.
Nous n'avons pas contrôlé la tension du pouls à l'aide du sphygmomanomètre parce que nous avons éliminé de notre travail tous les signes circulatoires appréciables à l’aide d'une instrumentation spéciale. Ce contrôle était trop délicat pour que nous l'abordions et nous ne pouvons pas nous prononcer sur le sphygmomanomètre plus que nous n'avons pu le faire sur le sphygmographe.
Rousslow (analysé dans la /tevue de médecine, 1899) a signalé des cas prononcés d'hypertrophie du cœur. « L'anévrisme de l'aorte peut comprimer, dit-1l, l'artère pulmonaire ou une de ses branches et donner lieu à des symptômes de rétrécissement de cette artère, cette compression peut se traduire par l'augmentation considérable de la matité précordiale à droite, l’exagération de la pression sanguine dans la petite circulation et l’accentuation du deuxième ton pulmonaire. En l'absence de toute autre cause d'hypertrophie du cœur, l'augmentation de la matité et l'existence d’un anévrisme peut permettre de faire le diagnostic de la compression. »
Ce doit être là un cas tellement rare qu'il ne peut guère en pratique être d'une grande utilité. Nous nous contentons de le signaler.
Parmi les autres phénomènes cardiaques on à encore signalé (Golowin: Berlin. klin. WocA., 4 octobre 1886) la rétraction de la paroi intestinale dans les anévrismes ou dilatations de l'aorte ascen-
dante. Ce serait un signe constant d'après lui, très utile pour le diagnostic différentiel de l’anévrisme et de l'insuffisance valvulaire de l'aorte mais non pathognomonique, nous ne nous attarderons pas à le discuter, il n’a guère été retrouvé depuis.
On à signalé encore des palpitations, celles-ci, souvent précoces, apparaissant sous forme d'accès de tachycardie paroxystique; cette tachycardiepeuttenir surtout à deux causes, soit respiratoire, soit nerveuse Le ralentissement de la respiration peut amener l’accélération du cœur. Les battements s’accélèrent en raison même de la sténose trachéo-bronchique, Marey ayant démontré que dans tous les cas où l'on respire par un tube étroit les battements cardiaques deviennent plus fréquents à mesure que les mouvements respiratoires se ralentissent.
Mais l’accélération cardiaque est beaucoup plus accusée et fréquente par le fait de la compression des nerfs pneumogastriques.
« La tumeur même petite, dit M. Huchard, si elle s'étend jusqu'au niveau de l'angle obtus formé par la terminaison de la trachée et l’origine de la bronche
gauche, peut comprimer deux nerfs: le pneumogastrique, d'où tachycardie, et le récurrent, d'où paralysie de la corde gauche et aphonie complète ou incomplète. Il en résulte que siun malade présente le signe des secousses trachéales puis la tachycardie et l’'aphonie, on pourra préciser non seulement le siège mais l'extension de la tumeur anévrismaie. »
Popham dit que la violence de l'impulsion cardiaque dans ces palpitations ne s'accompagne d'aucune
augmentation de force du pouls; celui-ci resterait normal, serait quelquefois assez petit. |
Nous n'avons pas eu la chance d'observer de ces accès de tachycardie au cours d'anévrisme, ils semblent assez rares, il faut savoir qu'ils peuvent exister, il est peu probable qu'ils mettent souvent sur la voie du diagnostic, de mème d’ailleurs que tous les autres signes tirés de l'examen direct du cœur.
Nous ne parlons pas évidemment des centres possibles de battements, des pulsations de la paroi, pas plus que des souffles qui ne rentrent pas dans notre question, nous les omettons à dessein dans cette étude des anévrismes latents.