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beaucoup d'auteurs ayant seulement cherché à ajouter un nouveau signe à ceux existant déjà sans se prononcer sur la valeur de ceux-ci. Ils sont nombreux, mais peu sont bons.
De même que souvent en thérapeutique, la richesse des médications préconisées contre une affection ne cache que l'ignorance où l’on se trouve de la vraie, de mème ici la multiplicité des signes ne cache que la pénurie des symptômes caractéristiques.
Il était donc tentant d'essayer de dégager de ce fouillis quelques idées précises et de contrôler la valeur de tout ce qui à été avancé. C'est ce travail que M. Garel nous a conseillé d'entreprendre. En nous confiant ce sujet, il nous a donné une marque d'estime que nous avons su apprécier et dont nous le remercions bien vivement ; nous craignons seulement de ne l'avoir pas justifiée.
Il eût fallu en effet une plume plus autorisée que la nôtre pour mener à bien ce travail de critique et pour redresser quelques erréurs qui ont été répétées sur la foi de leurs auteurs par la plupart des classiques.
Cette tâche était téméraire mais bien tentante, c'est notre seule excuse. Nous avons eu besoin pour la mener à terme des encouragements nombreux prodigués par M. Garel et du bienveillant concours de beaucoup de nos maîtres et de nos amis.
Quoi qu'il en soit, la première chose à faire était de dresser une liste complète des signes possibles ou donnés comme tels de l’anévrisme aortique ; nous en avons trouvé quarante-six et nous ne nous flattons pas d’avoir été complet.
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En possession de notre liste, deux méthodes de recherches s’offraient à nous. La première, celle qui se présentait immédiatement à l'esprit consistait à rechercher le plus grand nombre d'observations publiées avec histoire clinique et autopsie. Il suffisait dans chaque observation, de pointer chaque signe et de dresser ainsi un tant pour cent à propos de chacun d'eux. Malheureusement cette méthode n'était rigoureuse quen apparence. En effet, dans beaucoup d'observations publiées, l’anévrisme a été une trouvaille d’autopsie et l’histoire clinique est la plupart du temps fort incomplète. Tel symptôme recherché par un auteur n'est pas signalé par un autre qui peut ne pas lui avoir attribué d'importance ou ne pas l'avoir rattaché à sa véritable cause. Aussi, comme la plupart des signes possibles n'avaient pas été dans ces observations recherchés d’une façon systématique, il est impossible d'affirmer qu'ils n’aient pas existé, et par conséquent de nier leur valeur. Nous ne pouvions donc pas user de cette méthode seule ; elle ne nous eût donné que la fausse rigueur d’une statistique mal édifiée.
Nons devions cependant tenir compte des observations antérieures. Dans les unes, un signe avait fait songer à l’anévrisme et l'avait fait découvrir, ce signe méritait une mention; dans les autres, où l’anévrisme n'avait été diagnostiqué qu’à l’autopsie, on avait noté quelquefois durant la vie un symptôme inexpliqué qui avait en tout cas fortement attiré l'attention. Il est incontestable que ce symptôme, s’il a été signalé plusieurs fois dans des cas sembla-
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bles, doit être retenu et acquiert de ce fait une haute importance séméiologique.
L'autre méthode était a priori meilleure. Elle consistait à rechercher systématiquement, liste en main, tous les signes donnés en faveur de l’anévrisme chez le plus grand nombre de malades possible, par ce moyen arriver sur la piste d’anévrismes ignorés ; puis une fois ceux-ci découverts, chercher à propos de chacun de ces symptômes ses caractères propres.
Évidemment la tâche était longue et malaisée; les anévrismes, même latents, sont relativement rares; et depuis plus d'un an que nous nous occupons de cette question, nous n'avons pu en recueillir que dix cas seulement dans tous les hôpitaux de Lyon.
Chez ces dix malades, nous avons minutieusement recherché tous les signes décrits antérieurement à nous. Puis à propos de chacun d’eux,quand il existait, nous cherchions à voir si dans son mode d'apparition, dans ses allures, quelque chose pouvait faire supposer qu'il était dû à un anévrisme plutôt qu’à une autre affection.
Nous avons ensuite choisi, parmi les observations nombreuses que M. Garel a mises à notre disposition douze cas les plus typiques où tous les signes ne sont pas relatés, mais où souvent un symptôme en a fait chercher d’autres et a mis ainsi notre maître sur la voie du diagnostic.
Enfin, nous avons pris soixante-dix observations publiées dans la Société anatomique de Paris depuis 1856. Dans la plupart de celles-ci, l’anévrisme a été découvert seulement à l’autopsie ; mais souvent nous