‹ Anévrysmes de la mainChapitre 24 sur 24 · RUN, LS · texte numérisé non relu

RUN, LS

Symptômes d’anévrysme (sur le trajet de la collatérale interne du pouce).

Compression intermittente sur le refus du malade de se laisser opérer.

Rupture du sac : l'hémorrhagie est arrêtée par une compression énergique.

Guérison en trois mois.

D’après M. Weiss, la perforation de la collatérale se serait produite sous une double influence, la présence du drain et le mauvais état général. On ne saurait l’attribuer à la blessure de l'artère au moment de l'opération, car celle-ci se fit sans écoulement de sang.

OBsERvVATION XVIII.

Ricuer (Gaz: des Hôpitaux, février 1882).

Traumatisme de la main par balle de revolver.

Un médecin débride Ja plaie, ce dont le blâme M. Richet, pour rechercher la balle.

Entrée à l'hôpital. — Irrigation continue.

Formation d’un anévrysme de l’arcade palmaire.

Rupture de ce dernier : hémorrhagie arrêtée par la compression de la radiale et de la cubitale.

M. Richet se demande si c’est la balle, ou un fragment osseux ou le débridement qui a amené la lésion artérielle ?

Il se demande aussi ce qu’on doit faire en pareil cas : une application de glace ? La compression ? Mais elles n’ont pas empêché trois hémorrhagies consécutives.

Il pense que la compression ne serait bonne que pour une plaie récente. Dans une lésion datant de plusieurs jours, les caillots fuient sous la compression et s’infiltrent

dans les gaînes. Il conclut à la ligature des deux bouts de l’artère divisée.

Nous nous sommes expliqué sur cette question de compression ; nous pensons que même pour une plaie récente, elle n’est pas un mode de traitement suffisant.

Nous terminerons par l'observation inédite d’un kyste du poignet. On nous permettra de l’ajouter à un travail qui roule sur les anévrysmes, Elle est intéressante au point de vue du diagnostic différentiel entre l’anévrysme et les tumeurs liquides, quand celles-ci englobent complètement une artère.

OgservaTiON XIX (inédite).

Kystle synovial du poignet simulant un anévrysme.

M. employé de commerce, 50 ans. Service de M. Schwartz à la Maison de santé — chambre 10, lit 8. (Entrée : 4 avril 1890).

Antécédents. — Rhumatisme articulaire il y a 6 ans. À ce moment, souffle cardiaque ayant disparu depuis. Actuellement eczéma de la fesse.

Histoire de la maladie. — I y à 6 mois, le malade s’aperçoit qu'il porte au poignet, sur le trajet de la radiale, une grosseur du volume d’un petit pois. Cette grosseur reste stationnaire pendant trois mois, puis augmente progressivement pour arriver au volume d’une noisette.

Le malade, qui a été soigné en ville pour un kyste, a été ponctionné le 29 mars. La ponction ne donna rien ; quelques gouttes de sang s’échappèrent par l'ouverture. Le taffetas gommé et une bande suffirent à arrêter l’hémorrhagie.

Symptômes. — Pas d’élancements. Seulement une sensation de lourdeur plus accusée la nuit. Douleur à la pression. Gêne pour les mouvements et en particulier pour la rotation.

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Prenant la tumeur entre le pouce et l'index, nous percevons un mouvement d'expansion très net, correspondant à la systole ventriculaire, On ne saurait confondre ce mouvement d'expansion avec le soulèvement en masse d’une tumeur située sur le trajet d’une ar- (ere

Dans ces conditions, le diagnostic anévrysme semble s'imposer.

Opération le 9 avril. — Incision sur le trajet de la radiale au niveau du poignet. Ligature de la radiale au-dessus et au-dessous de la tumeur. Extirpation en masse de cette tumeur, après avoir sectionné quelques adhérences profondes.

Les lèvres de l’incision sont suturées au crin de Florence.

Bien entendu on s’est entouré des précautions antiseptiques en usage pendant toute la durée de l’opération.

Terminaison. — Réunion par première intention.

Le malade sort guéri le 26 avril.

Exumen de la tumeur. — Elle contient un liquide filant qu’on avait déjà vu sourdre des parties profondes au moment de l’extirpation. On est en face d’un kyste synovial qui communiquait avec Farticulation radio-carpienne ; c'est cette communication qu’on avait été obligé de couper lors de l’opération. La radiale traverse le kyste de part en part ; elle est saine. ;

D'ordinaire, quand une tumeur repose sur une artère, celle-ci la soulève en masse à chacun de ses battements.

Ici, l'artère étant englobée par le liquide lui transmet ses mouvements circonférentiellement, si nous pouvons nous exprimer ainsi. Voilà ce qui explique l’expansion si nette qui causa l'erreur de diagnostic.

Vi:

Le Président de la thèse, Vu : DUPLAY.

Le Doyen, BROUARDEL.

Vu et permis d'imprimer, Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GRÉARD.

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