LA DEVISE D’UNE SAINTE
Et l'ange m'apparut dans un rayon d’aurore.
Fermant son aile blanche au soleil qui la dore,
Il s’accouda, pensif, sur la croix du tombeau.
Le vent doux recueillait aux plis de son manteau, parfums... tel se meut l’encensoir de nos temples.
“ Frère, murmura l’ange, 0 toi qui me contemples,
“ Sache que le He. m’envoya du ciel bleu
“Te parler d’Angéline...
“ Ecoute le secret dont le “De m'’entr'ouvrir le seuil.
Le Or, tu vas les transcrire, Lies graver dans ton Ame et chanter leur beauté. L’ange se tut... puis dans l’immensité L’aile blanche a repris son envolée Et moi je rêve auprès d’un mausolée,
S'effacer !... Vivre dans les ombres, pour Dieu seul.
Comme en s8 ruche vit l'abeille, ‘" ‘ N’en sort que pour glaner parmi lys et glaïeuls ; . Puis revient à l’alvéole vermeille ;
RS MP Rien
Comme sous le
Comme L'Humilité se cache et
hallier la tige de muguet Epand son arome discret ; un chant d’alouette, à l’aube, dans la brume...
travaille et parfume beau ciel.
Elle glisse, petite, S’agenouille, rougit, espère, attenä, s'étonne Qu'un Dieu l'aime et se donne...
Les Séraphins, de garde autour de l'Epoux-Roi, Se disent à mi-voix :
C’est l'amante du Christ: l’humble Angéline.
L + Bouffrir ! Oh! la souffrance ; aiguillon, froide épine ! 1s saints disent toujours : souffrir ee Avec eux, Angéline aima toute souffrance.
Héroïque vaillance bis J'aime ton fier désir et ton humble support !
Mais qui dira les élans de cette âme ?...
Elle a souffert d'une mystique flamme, Brûlant de vivre au cloître près de Dieu ; Elle a souffert pour le pauvre sans feu, Quand la froidure a glacé les mansardes, Et que la bise effiloche les hardes ;
Elle a souffert lorsque vinrent les deuils Voiler de crêpe, un triste soir, nos seuils ; Elle a souffert dans son me sensible, Pour l'oiseau pris, tout jeune, au fond du nid ; Pour larbre mort; pour V'insecte invisible, Qu’on foule aux pieds et qui tout bas gémit ; Fille a souffert comme toute exilée
Qui songe au ciel, eaptive en la vallée.
Elle a souffert, et POUT cela
Tout le long des sentiers où cheminait sa vie, Elle a trouvé le Christ et la Vierge Marie, Et puis, au bout, le grand Bonheur de Au delà !
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Svu.'ire ! malgré tout... la sublime parole ! Un soir l’o avait grondé, omhonnnge gives ailé folle
Les débris de nos bois au grand val inondé,.
Blotti sous un vieux pin, je vis une corolle
Sourire malgré tout.
Malgré l'éclair et le bruit du tonnerre, = Malgré l’effroi, les transes de la terre, L’horizon noir, le ciel caché, l'espoir à bout — Mignonne fleur, tu fus alors, j’ai souvenance, . En cette heure de souffrance, La vision qui restaure le cœur.
Tu me disais d’un petit air vainqueur :
“Pauvre mortel, qu'importe l’instant blême Où passe le chagrin sur votre front peureux J'aime les valeureux !
Pour vivre en paix et faire des heureux, Il faut sourire quand même ! ”
Or c’est l’histoire d’ici-bas :
. Chemins d’angoisse où vont souvent nos pas. Cherchons la fleur que l’ange y sème — Cherchons la fleur avant qu’il ne fasse tout noir —
Dès l’aube mendions d’un sourire l’obole —
N'est-:i pas vrai qu’un rayon donne espoir ?
Que l’heure du matin nous plait mieux que le soir, Car c’est l’heure joyeuse où s'ouvrent les corolles. Alors nous apparaît dans un reflet divin Le sourire des fleurs dont l’âme se réveille ; Oubliant le souci des ombres de la veille,
Nous reprenons, d’un pas léger, notre chemin.
Fleur souriante... oh! ce fut Angéline !...
Et vous avez connu cette chose divine :
Son regard bienveillant, F1 Sa lèvre épanouie ; Sa douceur infinie ;
Et pour vous recevoir son beau geste accueillant.
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Et l'on m'a dit, j'en crois le témoignage,
Qu’à l'heure où sonne aux tours le mystique signal,
Des âmes la guettaient pour cueillir au passag® Son ‘“ bonjour ” matinal,
Et par elle sentir s’aviver leur courage...
Et l'on m'a dit, 6 douce et chaste enfant,
Que ta couche de mort fut l’autel triomphant
Où vint s’agenouiller, pour voir ton frais sourire, Le Credo languissant des fils de l'Albion.
Alors, soudain jaillit, devant ta vision L'aveu d’un esprit qui soupire, Qui par d’autres chemins cherche le même Dieu : “ Oui,. vraiment c'était une sainte ! ” Eutends ce éri !... Peut-être est-ce une plainte ! Souris encor du haut du grand ciel bleu.
De ton sépulere, un jour, conduis au Tabernacle Ces cœurs loyaux qui t’aimèrent ici.
Ton bon sourire, enfant, fera-t-il ce miracle ? Oh ! qu'il en soit ainsi !
Vous qui pleurez, vous tous, retenez sa maxime ! Pour lui plaire beaucoup; pour atteindre la cime Où s’éleva très pur de son âme le vol,
Soyez chrétiens fervents ; dégagez-vous du sol... Aimez son Idéal... Qu'importe le martyre !... Sachez vous effacer, et souffrir et... sourire !
pe.)