CHANT II. LA JEUNE FILLE
Et Dieu qui fait grandir la tige et puis la fleur,
A versé, jour par jour, la sève dans son cœur.
L'enfant n’est plus l’enfant.... c’est une jeune fille, Quelque chose du ciel, au sein de la famille.
Parents chrétiens, voyez !... Tableau délicieux ! ...
La Vierge la bénit du rebord des grands cieux ;
Le bon Sauveur murmure : “O ma fille, je t'aime...” L'ange très pur lui dit, en s’inclinant : “ Ma sœur...” Elle, pieuse, va, s’ignorant elle-même,
Semant la paix, l’amour, le zèle, la douceur :
C’est la fécondité d’une âme virginale !
C’est le parfum de mai, la fraîcheur matinale...
La chanson du printemps quand naissent les beaux jours ; C’est mieux, c’est plus encor...c’est votre enfant toujours!
Les prés, les bois, les eaux, les pieds nus dans le sable,
Et parce qu’il fallait que des perles très fines Ornassent dans le ciel le beau front d’Angéline, Dieu lui donna sur terre un trésor de talents. Elle eut vers l’Idéal d’indicibles élans ;
Elle eut le don de plaire et d’attirer les âmes. De son cœur rayonnaient les radieuses flammes. Le pauvre, le foyer, les œuvres du Saint Lieu Partagèrent sa vie, et tout fut pour son Dieu,
Elle aimait la Nature et le Saint Tabernacle ; Les vapeurs de l’encens ; l’éclat de l'horizon.
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Poète au fond du cœur, tout sublime spectacle, Etincelle d'amour, portait son oraison
Vers les bénis sommets où l'Eternel habite.
Alors, de cette extase où son âme s’abrite, Retenant les accords du céleste concert,
Le babil des oiseaux, le gazouillis de l'air, Heureuse, magnifique, et pleine d’harmonie, Tremblante elle venait chanter au clavecin Les arpèges du ciel, la musique infinie...
Les notes jaillissaient, tel un joyeux essaim, Jetant, éparpillant la douce mélodie...
On vit, pour l'écouter, les beaux anges venir. Telle fut Angéline : un charmant souvenir.
Elle brilla sur terre à peine vingt années !
Ce fut le beau rayon des belles matinées.
+ + Li